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vendredi 11 avril 2014

Scandale des statines : toxiques et inefficaces

De nombreux articles ont traité de la faible efficacité des statines mais de plus en plus d'articles soulignent leur toxicité, sous-estimée pendant plus de 30 ans.

J'avais déjà proposé une comparaison de la toxicité des statines en avril 2013.

La revue MINERVA revient sur ce thème et propose différentes études de leur toxicité.

Statines : effets musculosquelettiques indésirables

Minerva Online  2014-04-15
Conclusion Minerva :
Différentes études d’observation identifient un risque non rare de douleurs musculosquelettiques sous statines, douleurs qui peuvent nuire à l’observance du traitement. Une différence entre statines est observée dans deux études. Une toxicité musculaire semble bien être liée à la puissance de la statine pour diminuer le LDL-cholestérol.
Analyse de :
Mansi I, Frei CR, Pugh MJ, et al. Statins and musculoskeletal conditions, arthropathies, and injuries. JAMA Intern Med 2013;173:1-10.

Ce qui est intéressant, c'est que les médecins français (sous influence des labos et des recommandations...) ont toujours prescrits les statines les plus chères et les plus dangereuses : atorvastatine (TAHOR° quand il n'était pas génériqué) et maintenant l'horrible CRESTOR°, la plus dangereuse et la plus chère des statines (rosuvastatine).

J'ai déjà analysé ces deux molécules dans d'autres articles :

Le scandale du CRESTOR° (rosuvastatine)

Analyse critique de l'atorvastatine (TAHOR°)

 

Notons qu'il y a aussi une molécule que nos chers médecins sous influence aiment prescrire : INEGY (ézétimibe + simvastatine) ou EZETROL (ézétimibe).

Le dogme derrière cette prescription est qu'il faut baisser encore plus le "cholestérol", si une statine seule n'y suffit pas : c'est le fameux "the lower, the better", qui a déjà 20 ans d'âge. Un dogme faux, vieux et dangereux pour les patients français.

J'ai écrit un article à ce sujet :

Le scandale de l'ézétimibe : EZETROL° ou INEGY° 

J'ai également eu la chance de participer au colloque "Surmédicalisation en 2013, à la faculté de Bobigny.

J'ai alors exposé les scandales du CRESTOR ° et de l'ézétimibe.

Meilleure efficience dans la prescription de 2 anti-cholestérol


Récemment, le professeur Philippe EVEN a donné un long interview à LaNutrition.fr

Il a notamment fait un résumé génial des 10 arguments, dans le scandale des statines.

1. Le cholestérol est le même chez les sujets qui font un infarctus du myocarde que chez ceux qui n’en font pas… Et cela semble n’étonner personne !

2. L’infarctus est particulièrement fréquent chez les aborigènes d’Australie et les nomades du Sahel, qui ont un cholestérol moyen d’ 1,50g.

3. Entre 1,5 et 2,7 g/l de cholestérol, il n’y a aucune augmentation de la mortalité coronaire, qui ne commence à s’élever qu’au-delà de 2,7 et surtout 3g/l (mais corrélation n’est pas causalité. La grippe et l’importation des bananes s’accroissent en hiver). Mais en utilisant les logarithmes, on transforme cette courbe, dite en « crosse de hockey » ou en « J allongé », en une droite régulièrement ascendante d’1,5 à 3 g. Il s’agit là d’un pur trucage statistique, réalisé à dessein, qui fait rire tous ceux qui connaissent la statistique. Un trucage simpliste, qui saute aux yeux et qui n’aurait de validité que si nous traitions des logarithmes de malades avec des logarithmes de statines.

4. Les plaques d’athérome ne sont pas des dépôts de cholestérol, mais des cicatrices inflammatoires chronicisées chez certains, pour des raisons génétiques et dues aux chocs de pression sur les courbures et bifurcations artérielles. Le cholestérol ne fait que transporter dans les macrophages les acides gras qui leur apportent l’énergie nécessaire à la réaction inflammatoire. Les cardiologues sont à côté de la plaque.

5. Personne n’est parvenu à créer des plaques d’athérome chez l’animal (30 références), même en perfusant du cholestérol pendant des semaines pour atteindre un taux sanguin 8 fois supérieur à la normale. On n’obtient alors que des dépôts de "cholestérol", diffus dans tous les tissus, peau, œil, tendons, veines, foie, muscles… et même artères. Rien de commun avec l’athérome, mais ça ressemble aux formes graves d’hypercholestérolémie familiale, qui est une maladie génétique tout à fait à part, sans rapport avec l’athérome.

6. Les 70 essais cliniques des statines financés de 1994 à 2008 par l’industrie pharmaceutique (il m’a fallu 15 heures de travail pour analyser chacun d’entre eux) sont tous délibérément et lourdement falsifiés –  je ne dis pas biaisés, je dis falsifiés – à tous les niveaux :
- Exclusion de 80% des patients pour éviter les risques d’effets secondaires et fabriquer des patients « idéaux » (mais les résultats seront extrapolés à 100% de populations non sélectionnées).
- Double aveugle non respecté.
- Contrôle des patients tous les 6 mois seulement.
- Arrêt des statines par les patients dans 25% des cas.
- Prise de statines par le groupe placebo dans 15% des cas.
- 25% des patients perdus de vue.
- Critères d’évaluation multiples, chevauchants, subjectifs ou objectifs, souvent combinés de diverses façons, de telle sorte que quand le critère est cliniquement signifiant, il n’est pas statistiquement significatif et n’est significatif que quand il n’a pas de signifiance clinique.
- Résultats présentés sous forme de réduction relative et non de réduction absolue et sans évaluer le nombre de malades à traiter pour éviter un accident. Ainsi annonce-t-on 20% de réduction relative de la mortalité (exemple 80 vs 100) en 5 ans, sans dire que la réduction absolue par rapport au nombre de malades traités est de 20/2.000, soit 1% en 5 ans, soit 0,2% par an, soit 99,8% d’échecs, obligeant à traiter 500 malades pour écarter 1 accident par an ou 100 pour éviter 1 accident tous les 5 ans.

7. Malgré ces multiples biais, 82% des essais ne montrent aucun effet sur la mortalité coronaire et les accidents vasculaires cérébraux et 60% aucun effet sur les accidents cardiovasculaires, majeurs ou non.

8. En outre, ces effets soi-disant significatifs sont extraordinairement minuscules : sur 100.000 malades traités comparés à 100.000 non traités, 150 morts auraient été évités après 5 ans de traitement, soit 0,15%  des patients, obligeant à traiter plus de 600 malades pour écarter un décès par an, soit à 1.000 €/an  (médicaments, consultations, examens biologiques et d’imagerie, etc.), 600.000 € par décès soi-disant évité. Des résultats si minuscules qu’ils ont suscité un article quasi humoristique dans le British Journal of Medicine du 17 décembre 2013, montrant que les statines sont juste aussi efficaces qu’une pomme croquée chaque matin, mais avec plus de complications (l’étude, très sérieuse, porte sur 10 millions d’Anglais suivis 20 ans).

9. Même ces résultats infra-minuscules ne sont pas crédibles, car depuis 20 ans que les statines sont sur le marché, aucune diminution de la mortalité coronaire n’a pu leur être attribuée, leur effet éventuel s’effaçant derrière celui des antihypertenseurs, des antidiabétiques, de la lutte contre l’obésité et le tabac, et ceux de la prise en charge des infarctus du myocarde dans les 2 heures, dans les unités de réanimation.

10. Concernant les complications, il y a encore un livre à écrire. Elles ne sont en aucune façon anodines. Les essais cliniques de l’industrie, qui y consacrent …3% de la longueur des articles et qui ont tout fait pour écarter au préalable les patients à risque, ont dû pourtant stopper les études à cause des effets secondaires chez 10 à 15% des patients (complications musculaires, tendineuses, cutanées, neurologiques, psychologiques, sexuelles et nouveaux diabètes).

 

 

lundi 10 mars 2014

PFIZER veut écouler son TAHOR en vente libre

Aux Etats-Unis, Pfizer souhaite vendre l’atorvastine, Lipitor, sans ordonnance.

 

En France, le LIPITOR° s'appelle TAHOR° . C'est l'atorvastatine.

Voir mon article : Analyse critique de l'atorvastatine (TAHOR°) qui montre l'absence de données cliniques pour obtenir l'AMM.

 

Après l'effondrement des ventes, PFIZER veut récupérer un milliard de dollars sur le dos des patients.

En 2006, PFIZER vendait pour 13 milliards de sa statine, grâce à un marketing omniprésent.

C'est l'une des plus belles réussites financières mondiales et un désastre pour les pauvres patients qui ont pris cette molécule toxique.

 

PFIZER désire donc que ce médicament soit en vente libre (OTC : Over The Counter), comme si c'était un simple sirop pour la toux.

Les gens ignorent que c'est un médicament puissant, toxique, avec de nombreux effets indésirables. C'est un médicament qui interagit avec de nombreux autres, par la voie du Cytochrome P450.

C'est un médicament qui peut causer des malformations terribles sur les fœtus. Si jamais une femme qui est enceinte sous le savoir (ça arrive pour les 1ers mois), elle risque de soumettre son bébé à ce produit dangereux qui affecte le système nerveux du fœtus.

2011 : LE POTENTIEL DE TERATOGENICITE DES STATINES ET FIBRATES

Les statines (inhibiteurs de l’HMG-CoA réductase) appartiennent à la catégorie de grossesse X et sont donc formellement contre-indiqués durant toute la période de gestation et chez les patientes en âge de procréer lorsqu’une contraception n’est pas garantie : les statines lipophiles comme la simvastatine (Zocor et génériques) et l’atorvastatine (Tahor) présentent un risque tératogène bien documenté chez l’humain en raison d’un passage materno-fœtal accru. 
Plusieurs cas de malformations sévères multiples ont été rapportés comme l’holoprosencéphalie, l’hypoplasie du tube digestif et de l’appareil respiratoire : des cas d’aplasie des membres et des corps vertébraux ont été aussi rapportés.
Edison RJ, Muenke M. Central nervous system and limb anomalies in case reports of first-trimester statin exposure. N Engl J Med 2004;350:1579-82.

Edison RJ, Muenke M. Mechanistic and epidemiologic considerations in the evaluation of adverse birth outcomes following gestational exposure to statins. 
Am J Med Genet 2004;131:287-98

Cas de  malformations congénitales majeures

J'espère que tous les médecins connaissent ce risque gravissime pour une femme en âge de procréer.

Il y a de quoi douter, puisque de nombreux médecins français ne connaissent même pas tous les effets nocifs des statines.

En France, les diabètes causés par les statines ne sont même pas indiqués sur les notices.


Voir aussi :

Toxicité des statines : COMPARAISON

Thérapie intensive avec des statines : DANGER 

 

 

 

mardi 11 février 2014

Statines et insuffisance rénale

Un article de la revue MINERVA a attiré mon attention. C'est une revue indépendante et son avis peut parfois être intéressant.

L'article (1) explique qu'un essai randomisé, appelé l'étude 4D (2), n'a pas été concluant pour l'effet de l'atorvastatine dans l'insuffisance rénale.

Mais au lieu de s'en tenir là, ils citent une méta-analyse (3) qui trouve un résultat "positif".
Or, cette méta-analyse est assez mal faite :
  • Thirteen trials were placebo-controlled and 18 trials used open-label designs. Ten trials reported post hoc analyses of the subgroup with CKD, four compared intensive lipid-lowering therapy to conventional or low-dose therapy.
Des essais sans double aveugle (open label) et des analyses a posteriori (post hoc) dans des sous-groupes : on est vraiment dans du bidouillage scientifique de mauvaise qualité...


Je trouve ça dommage de procéder ainsi, car je trouve que les méta-analyses mélangent les torchons et les serviettes, et agrègent les résultats de sous-groupes, dans différentes études plus ou moins biaisées par l'industrie Pharma.

Je ne suis vraiment pas convaincu par la conclusion de cette méta-analyse car les essais financés par l'industrie Pharma surestiment l'efficacité des statines et sous-estiment toujours les risques d'effets secondaires par un facteur au moins 100.

Il serait temps d'ouvrir les yeux et d'arrêter de faire confiance à des menteurs multi-récidivistes.



(1) Statines et insuffisance rénale - Minerva Online  2014-02-15


(2) Etude 4 D : Wanner C, Krane V, März W, et al; German Diabetes and Dialysis Study Investigators. Atorvastatin in patients with type 2 diabetes mellitus undergoing hemodialysis.
N Engl J Med 2005;21;353:238-48.

(3) Effect of statin therapy on cardiovascular and renal outcomes in patients with chronic kidney disease: a systematic review and meta-analysis

jeudi 9 janvier 2014

Quels risques à arrêter une statine ? - Revue Médecine




La revue Médecine a sorti 4 articles à propos des statines. J'en propose ici une vue d'ensemble.

EDITORIAL de Jean-Pierre Vallée - Revue Médecine
L'édito rappelle que la rosuvastatine et l'atorvastatine "relativement récentes, largement promues, mais, contrairement à l’opinion générale, n’ayant pas démontré d’efficacité sur la mortalité totale. Ce sont deux hypocholestérolémiants, uniquement étudiés sur des critères intermédiaires"
Il rappelle aussi l'échec des fibrates et du torcetrapib (inhibiteur de la CETP), malgré leur efficacité sur les "chiffres" du cholestérol".
Il évoque la dernière recommandation (NHLBI / AHA) qui :
Ce numéro de Médecine a pour but : "de répondre à une urgence du moment : remettre à sa juste place – de propagande – un article stigmatisant publiquement la dangerosité de l’arrêt des statines, donc celle des prescripteurs qui, pour une raison ou une autre, seraient coupables de cet arrêt."


Note : cet éditorial fait référence a un article "pseudo-scientifique" émanant de cardiologues qui ont de forts liens d'intérêts avec l'industrie et qui ont réalisé une étude bancale, hasardeuse et approximative, qui a pour but de nuire à l'image du Professeur Philippe EVEN, ainsi qu'à son livre "La vérité sur le cholestérol".
En effet, ces leaders d'opinion sous-entendent qu'arrêter un traitement par statines serait dangereux et aurait conduit à des morts (grâce à des hypothèses et des statistiques trompeuses de leur article, peu crédible)


Quels risques à arrêter une statine ? Michel de Lorgeril
L'article de Michel est plus radical, vous vous en doutez, mais repose sur l'analyse de nombreux essais.
Il rappelle l'importance de l'année 2006, où la nouvelle réglementation a été mise en place.
Après avoir montré la faiblesse de l'article mis en avant par des cardiologues parisiens (article qui vise à culpabiliser toute personne ayant un esprit critique sur les statines, car il pourrait "tuer" des gens qui arrêteraient leur traitement...), l'auteur répond à la question statine par statine :
  • Inefficacité totale de la rosuvastatine (Crestor°) : études JUPITER, CORONA, GISSI, AURORA
  • Comparaison rosuva vs atorvastatine : SATURN, MIRACL => aucune efficacité de l'atorva (Tahor°)
  • Inefficacité de la simvastatine : IDEAL (simva vs atorva) => inefficacité de Zocor°, Lodales°, Inegy° ou de ses 27 génériques

Il conclue sur l'avis d'experts indépendants : " [...] chez les sujets à faible risque, les statines n’ont aucun intérêt", laissant de plus entendre clairement que l’arrêt du traitement ne pourrait avoir que des bénéfices."

L'arrêt des statines est-il dangereux - La rédaction de Médecine
L'article explique que l'article de Michel de Lorgeril n'a pas fait l'unanimité, mais que ces arguments sont suffisamment intéressants :
"Il nous a donc semblé que les arguments développés par Michel de Lorgeril pour « rendre leur liberté de prescription aux médecins, qu’il faut arrêter de terroriser avec de fausses alarmes », méritaient d’être entendus et discutés, [...] "
L'article rappelle ce que les articles du FORMINDEP disent :
- des enjeux complexes
- une influence intense de l'industrie, même envers les "guidelines"
- un coût annuel de 1 000 000 000 d'euros
- un mécanisme mal connu, qui va au de-là de la baisse du "cholestérol"
Les auteurs rappellent qu'un "petit groupe de cardiologues parisiens" (des KOL ou leader d'opinion) ont produit un "article alarmiste", comportant des "informations approximatives", issue d'une "extrapolation hasardeuse d'une unique méta-analyse de 2009", avec tous "de puissants liens d'intérêts".
L'article insiste sur la continuité entre prévention secondaire et prévention primaire : " La réduction relative de la mortalité y est constante, d’environ 10 % pour l’ensemble des essais inclus, effet peu influencé par la nature ou le contexte de ces essais."
" Le même raisonnement pourrait être tenu sur les critères cliniques « secondaires » que sont les infarctus du myocarde et les AVC, mais avec plus d’incertitudes [...]"
L'article souligne les conclusions d'une méta-analyse de 2010 :
" Les essais les plus anciens ont le plus faible niveau de preuve"
" la faiblesse du gain individuel en termes de probabilité de décès."

L'arrêt d'un traitement « inefficace » – parce que non justifié – est sans conséquence.
L’arrêt d’un traitement « efficace » : on ne sait pas (trop de paramètres…)
Conclusion de l'article :
" Plutôt que de se sentir contraints par les guidelines à prescrire des statines aux patients à faible risque cardio-vasculaire, les médecins leur rendraient un service autrement plus important en leur expliquant l’ampleur des avantages et des incertitudes sur les méfaits des statines et en discutant des données épidémiologiques qui montrent que les risques comportementaux – tabac, sédentarité, et nutrition inadaptée – sont responsables de 80 %des maladies cardio-vasculaires."

Statines : étonnante histoire d'un blockbuster - Jacques Beaulieu

La mévastatine (ML-236B), a été le premier membre de la classe des statines à voir le jour en 1976. Sa production fut stoppée peu après car le médicament administré à forte dose provoquait de sévères lésions musculaires.

En 1987 la lovastatine puis en 1989 la simvastatine (Zocor°)

En 1985, il réalisa la synthèse de l’atorvastatine, produit qu’on nomma le CI-981. Dilemme : lors des essais sur les animaux, le produit ne s’était pas montré supérieur à la lovastatine de Merck, déjà en marché.

La compagnie avait alors peu de projets dans son pipeline et il fallait arriver avec un nouveau médicament, la protection du brevet de leur médicament phare, le Lopid, un fibrate, arrivant à expiration. Par ailleurs, même s’il n’allait chercher que 10% du marché des statines avec l’atorvastatine (Tahor°), le potentiel demeurait encore des plus rentables.


NB : Or, le Tahor rapporta un jackpot absolu : plus de 120 milliards de dollars en 14 ans. Un médicament peu efficace et toxique n'a pu réussir qu'avec un marketing intense, mensonger et planétaire.


Conclusion générale : L'ensemble de ces 4 articles montre bien qu'il y a des enjeux économiques gigantesques (personne n'en doutait...) mais qu'il y a maintenant une volonté des "scientifiques" payés par l'industrie de nuire au débat d'idées, et d'étouffer toute controverse par de la propagande et du marketing mensonger. 

Ces quelques cardiologues parisiens sont nuisibles et ont "prostitué" leur savoir, dans leur propre intérêt, reniant le serment d'Hippocrate depuis longtemps. 

Les experts américains du cholestérol sont devenus fous !

 Analyse critique de l'atorvastatine (TAHOR°)  

Le scandale du CRESTOR° (rosuvastatine) 

 

 

 

vendredi 19 avril 2013

Toxicité des statines : COMPARAISON

Grâce aux bases de données américaines, on peut accéder à la fréquence des effets indésirables et classer les statines en fonction de leur toxicité.




C'est ce que font plusieurs scientifiques, dans une analyse datant d’août 2012.


Leur conclusion :
Plus une statine est puissante et plus elle est dangereuse.
 [Exception faite de la fluvastatine, dangereuse malgré sa puissante moindre]

Résultats :
Les taux de risque relatif de la rosuvastatine (CRESTOR°) étaient systématiquement plus élevés que les autres statines.
L'atorvastatine et la simvastatine ont montré des risques intermédiaires, tandis que la pravastatine et la lovastatine ont semblé amener le moins de risques.
Le risque relatif d'événements indésirables musculaires suit à peu près  la puissance d’abaissement du LDL, avec une exception apparente : la fluvastatine.
En intégrant toutes les catégories d'événements indésirables musculaires, les taux pour l'atorvastatine, la simvastatine, la pravastatine et la lovastatine étaient, respectivement de 55%, 26%, 17%, et de 7,5% de la rosuvastatine, suivant à peu près la puissance du dosage et en cohérence avec les conclusions d'autres études.
La puissance semble donc être un facteur prédictif fondamental d’événements indésirables musculaires, avec l’exception apparente de la fluvastatine, la moins bonne des statines  au rapport Puissance / Risques (74% des risques de la Rosuvastatine).

Classement décroissant, de la plus dangereuse à la moins dangereuse :
Rosuva> Fluva > Atorva> Simva> Prava

A Survey of the FDA's AERS Database Regarding Muscleand Tendon Adverse Events Linked to the Statin Drug Class

On sait maintenant que la toxicité des statines augmente en fonction de leur dosage, de leur puissance et de leur lipophilie. 
Toutes les statines lipophiles sont métabolisées par le cytochrome P4501 3A4 (CYP3A4).
Cela implique des interactions médicamenteuses multiples, car ce cytochrome P450 est utilisé aussi par de nombreux autres médicaments.

Rhabdomyolyses :
Comparons la toxicité de la simvastatine en observant sa capacité à provoquer des rhabdomyolyses. Cet effet indésirable majeur est la destruction des muscles qui entraine une insuffisance rénale. Le patient meurt avec les reins encombrés par les protéines de ses muscles détruits.
La simvastatine 80 mg provoque 1,6% de rhabdomyolyses alors que le dosage 20 mg n'en provoque que 0,1%.
Multiplier le dosage par 4 multiplie donc les effets secondaire mortels par 16 (+ 1500%).

Intensive lowering of LDL cholesterol with 80 mg versus 20 mg simvastatin daily in 12,064 survivors of myocardial infarction: a double-blind randomised trial. The Study of the Effectiveness of Additional Reductions in Cholesterol and Homocysteine (SEARCH) Collaborative Group.

Multiplier le dosage par 4 augmente aussi les myopathies par un facteur 30 à 52.
[ "Compared with two (0·03%) cases of myopathy in patients taking 20 mg simvastatin daily, there were 53 (0·9%) cases in the 80 mg group."]
 [" 52 patients in the 80-mg group (0.9%) but in only 1 patient in the 20-mg group (0.02%)"]

A noter qu'augmenter le dosage par 4 n'a pas changé significativement le nombre d'événements cardiovasculaires majeurs (donc AUCUN avantage à prendre une statine fortement dosée).
[ "(relative risk, 0.94; 95% confidence interval, 0.88 to 1.01; P=0.10)" ]

mercredi 17 avril 2013

Analyse critique de l'atorvastatine (TAHOR°)

Après les premiers essais cliniques si enthousiasmants, le marché commercial des statines fut occupé par la pravastatine et la simvastatine. 
Comment l'atorvastatine s'est-elle imposée en 1997 ? Sur quels essais reposent sa validité ?

L'atorvastatine (LIPITOR° aux USA et TAHOR° en France) a été une réussite commerciale, générant plus de 125 milliards de $ de ventes sur 14,5 ans, ce qui représentait 25% des bénéfices du géant PFIZER pendant des années.
La FDA a approuvé l'atorvastatine (le LIPITOR°, de PFIZER) le 17 décembre 1996.

Pour s'imposer dans un marché déjà bien rempli avec 4 autres statines (fluva, lova, prava, simva), il a fallu laver le cerveau de tout le monde avec une énorme campagne de pub bien ficelée.
Pour mieux corrompre les équipes médicales, il a fallu d'abord donner de nombreux échantillons gratuits et payer des tonnes et des tonnes de repas gratuits.
Pour mieux mentir et occuper l'esprit des médecins, il y eut de nombreux congrès, où les leader d'opinion étaient invités pour vanter les "avantages" de la dernière statine, au frais du labo.

Pour atteindre facilement le public, PFIZER a bénéficié de la faiblesse de la FDA (Food and Drug Administration) qui autorisa la publicité directe aux consommateurs en 1997.
Ainsi, on a pu vendre la maladie au public (ce qu'on appelle "Disease Mongering") et imposer le médicament aux médecins par les équipes marketing opérant dans les hôpitaux. Aux USA, il y a même eu une sorte de feuilleton télévisé qui répétait sans cesse la phrase " Connaissez votre taux de cholestérol" (Know your numbers").

Occuper les médias fut facile, avec la plupart des journalistes ne connaissant pas le dossier du "LDL-cholestérol" et avec des journaux médicaux prestigieux financés par la publicité des labos. C'est ce qu'expliquent Jerome Kassirer et Marcia Angell, d'anciens rédacteurs du New England Journal of Medicine.

L'argument commercial utilisé par les VRP auprès des médecins était que le TAHOR° diminue davantage le cholestérol que les autres statines. Ce piège marketing mettait dans la tête des médecins que le Tahor° aurait donc plus d'efficacité et moins d'effets secondaires.
Rappelons que ce message trompeur se base sur ce qu'on appelle des critères de substitution (surrogate) et que ce raisonnement fallacieux devrait pouvoir être rejeté d'un revers de la main par un étudiant débutant.
Mais les médecins s'y sont laissés prendre...

En réalité, rien ne prouve qu'abaisser davantage la glycémie, le taux de LDL ou la pression sanguine avec une molécule B fera mieux que l'abaisser un peu moins avec une molécule A.
Les recommandations récentes sur le diabète le montrent.
PFIZER a influencé la recherche mondiale en imposant des essais cliniques où la baisse du LDL  devint un objectif majeur, malgré l'erreur scientifique évidente.

On peut même blesser un patient en imposant avec une thérapie intensive, ne reposant sur aucune base scientifique sérieuse.
Le seul test sérieux qui pourrait montrer un tel avantage serait un essai clinique bien fait, avec des investigateurs indépendants du sponsor.
Malheureusement, une telle situation est rarissime dans le cas des statines, où tous les essais sont des essais commerciaux, gigantesques et multi-centriques, visant à étendre un marché commercial, et non pas à produire de la "bonne science".

Depuis que la première statine a eu son AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), toutes les statines ultérieures auraient dû être comparées avec la statine précédente, de manière équitable.
Cela aurait été une façon éthique, honnête et efficace de procéder, pour informer la communauté médicale.
Mais ce ne fut jamais le cas.
Et dans l'histoire des statines, la recherche médicale s'est désintéressée de l'éthique, trop occupée à favoriser une carrière et à participer aux grands essais financés par des labos, motivés surtout par des parts de marché.

Comme le disent les différents documents de la HAS, l'atorvastatine n'apportait rien de nouveau (pas d'Amélioration du Service Médical Rendu : ASMR V, soit la note la plus basse. Aucune amélioration apportée par la molécule d'atorvastatine, accédant au marché et à sa part de bénéfices)

On est donc bien dans une guerre commerciale, un conflit portant sur les parts de marché.
Ceux qui pensent que les statines sont uniquement une histoire de "preuves scientifiques" sont naïfs, ignorants et dangereux.
On est bien dans une histoire de "gros sous", de marketing trompeur.


Analysons d'abord le dossier qui a permis l'AMM, donné par la FDA le 17 décembre 1996

Dossier de demande de mise sur le marché, déposé par PFIZER

Il y a quelques "perles" dans ce dossier, qui montre à quel point la santé des patients est mis en péril dans un système de santé, qui donne priorité au commerce avant la santé.

Si on regarde le dossier "sécurité" portant sur les humains, on voit que la dose la plus étudiée était la dose 10 mg, qui fut étudiée environ 1 an en moyenne.
Puis le labo PFIZER a construit son marketing sur un médicament donné à vie et incluant la dose 80 mg, dose où les effets secondaires sont les plus dangereux.
Voilà l'écart entre ce qu'exige la FDA (des analyses ridiculement courtes et fragiles) et ce que va pouvoir imposer le marketing, à toute la planète.

On peut aussi noter que les études ont toutes portées sur la forme amorphe de l'atorvastatine, alors que c'est la forme cristalline qui sera commercialisée. (page 47 du .PDF)
La complaisance de la FDA a t-elle une limite ?

Le dossier "études cliniques" est indigent.
On ne trouve que des essais minuscules, durant 1 an au maximum, portant sur un nombre réduit de patients et avec des critères de substitution uniquement (baisse du LDL).
Comme c'est écrit page 48 : "There is no clinical outcome data in this NDA."
Aucune données cliniques.
Est-ce vraiment sur la base d'un tel dossier, rempli par le labo demandeur et sans aucun contrôle de la FDA, que le médicament le plus vendu au monde a été accepté ?



Analysons maintenant les principaux essais cliniques portant sur l'atorvastatine :

AVERT study, 1999 : échec

GAIN study, 2001 : échec 

MIRACL study, 2001 : échec


ASCOT-LLA study, 2003 : essai interrompu et qui dissimule des données (d'interactions médicamenteuses entre l'anti-hypertenseur et la statine)

On peut voir qu'entre 1996 et 2003, le TAHOR n'avait toujours pas de preuves scientifiques solides, montrant l'éventuel intérêt de cette molécule sur la santé des patients.
Et l'essai ASCOT a de nombreux défauts, qui apportent des doutes sur l'honnêteté des investigateurs et de ceux qui ont publié l'essai.
Le marketing l'emporte bien sur la science, dans l'histoire commerciale des statines.

samedi 13 avril 2013

Thérapie intensive avec des statines : DANGER



 Les essais décrits ici ne sont pas là pour obtenir une AMM et faire avancer la science et la médecine. Ce sont des essais commerciaux, en fort contexte de guerre pour  obtenir la prescription d'une nouvelle statine ou d'une forte dose d'une ancienne (forte dose = plus chère).

A to Z (2004) : simva 40-80 vs placebo simva 20 : un essai compliqué, mal fait, biscornu, qui montre que le traitement intensif n'a que des désavantages. Du pur marketing de MERCK.
IDEAL (2005) : atorvastatine 80 vs simva 20 : traitement intensif = négatif

PROVE IT + A to Z (2007) : un papier charlatanesque, de la désinformation. Tout est donné en pourcentages. PROVE IT est agrégé avec A to Z. Du pur marketing.
De qui se moque- t-on?

MIRACL (2007) : atorva 80 contre placebo: étude négative sur infarctus et mortalité. L’hospitalisation n’est pas un critère sérieux dans un essai clinique normal.
Mais ici, on est dans du charlatanisme commercial, donc ça passe.



TNT(2005) : atorva 80 vs atorva 10 
Cet essai TNT montre un critère primaire composite positif. Sans surprise.
Mais...
Il montre aussi une absence de bénéfice sur les mortalités, totale et cardiaque.

En réalité, il y a eu 31 morts de plus de causes non cardiovasculaires dans le groupe Atorva 80.
Cela représente 25% de chances de mourir en plus, et ce chiffre est presque significatif (P=0,06), ce qui est un signal d'alarme inquiétant (page 1431 du rapport).

La mortalité coronaire/cardiaque (coronary death) est réduite de manière Non Significative.
Cela signifie que les résultats sont très proches et peuvent être dus au hasard.
Néanmoins, il y a 26 morts cardiaques de moins dans le groupe Atorva 80 mg.

Mais cela ne compense pas les 31 morts de plus, d'autres causes.
Aussi, la mortalité totale est inchangée (et en défaveur de l'Atorva 80 mg, même si c'est non significatif car P=0,09 et IC = [0,85 ; 1,19] ).
Vous avez entre -15% et +19% de chances de mourir. Drôle de loterie...
L'atorva 80 mg a tué plus que l'atorva 10 mg, si on compte les vies humaines.

Les AVC sont diminués mais les hémorragies cérébrales ont été autant abaissées qu’augmentées (de -60% à +60%).
Les myopathies sont multipliées par un facteur 6,68 (c'est-à-dire + 568% de myopathies, selon leur méthode marketing qui grossit les chiffres).
Et il y a une augmentation de 36% des effets indésirables (si on donne les chiffres avec leur arnaque marketing et 2,3% si on utilise la valeur absolue).
On a observé 5 rhabdomyolyses (on n'en voyait jamais avant...) dans cet essai, malgré que les patients soient triés sur le volet et très surveillés.

Myopathie et effets indésirables sont deux événements qui poussent le patient à arrêter le traitement, donc réduit l’observance.
Voilà pourquoi la thérapie intensive n’est pas efficace. 


Malgré cela, la volonté des labos d’améliorer leurs bénéfices a été la plus forte sur les données de la science et le marketing a imposé l’atorvastatine face à la simva et à la prava.

Par exemple, un porte-parole de l'atorvastatine (PFIZER) fut le professeur Steven NISSEN.
Ce "grand nom" de la cardiologie a été employé dans plusieurs des essais qui ont tenté de vendre le concept que "la plus grosse dose de statines est la mieux".
Il est maintenant payé par AstraZeneca, pour vendre du CRESTOR°.


Depuis longtemps, en France ou ailleurs, des médecins prescrivent selon la pression du marketing et l'influence des "leaders d'opinion".


Voir aussi : "Toxicité des statines : COMPARAISON"

Agressive Therapy Is Not Always The Best Therapy (2008, JACC)