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vendredi 11 avril 2014

Scandale des statines : toxiques et inefficaces

De nombreux articles ont traité de la faible efficacité des statines mais de plus en plus d'articles soulignent leur toxicité, sous-estimée pendant plus de 30 ans.

J'avais déjà proposé une comparaison de la toxicité des statines en avril 2013.

La revue MINERVA revient sur ce thème et propose différentes études de leur toxicité.

Statines : effets musculosquelettiques indésirables

Minerva Online  2014-04-15
Conclusion Minerva :
Différentes études d’observation identifient un risque non rare de douleurs musculosquelettiques sous statines, douleurs qui peuvent nuire à l’observance du traitement. Une différence entre statines est observée dans deux études. Une toxicité musculaire semble bien être liée à la puissance de la statine pour diminuer le LDL-cholestérol.
Analyse de :
Mansi I, Frei CR, Pugh MJ, et al. Statins and musculoskeletal conditions, arthropathies, and injuries. JAMA Intern Med 2013;173:1-10.

Ce qui est intéressant, c'est que les médecins français (sous influence des labos et des recommandations...) ont toujours prescrits les statines les plus chères et les plus dangereuses : atorvastatine (TAHOR° quand il n'était pas génériqué) et maintenant l'horrible CRESTOR°, la plus dangereuse et la plus chère des statines (rosuvastatine).

J'ai déjà analysé ces deux molécules dans d'autres articles :

Le scandale du CRESTOR° (rosuvastatine)

Analyse critique de l'atorvastatine (TAHOR°)

 

Notons qu'il y a aussi une molécule que nos chers médecins sous influence aiment prescrire : INEGY (ézétimibe + simvastatine) ou EZETROL (ézétimibe).

Le dogme derrière cette prescription est qu'il faut baisser encore plus le "cholestérol", si une statine seule n'y suffit pas : c'est le fameux "the lower, the better", qui a déjà 20 ans d'âge. Un dogme faux, vieux et dangereux pour les patients français.

J'ai écrit un article à ce sujet :

Le scandale de l'ézétimibe : EZETROL° ou INEGY° 

J'ai également eu la chance de participer au colloque "Surmédicalisation en 2013, à la faculté de Bobigny.

J'ai alors exposé les scandales du CRESTOR ° et de l'ézétimibe.

Meilleure efficience dans la prescription de 2 anti-cholestérol


Récemment, le professeur Philippe EVEN a donné un long interview à LaNutrition.fr

Il a notamment fait un résumé génial des 10 arguments, dans le scandale des statines.

1. Le cholestérol est le même chez les sujets qui font un infarctus du myocarde que chez ceux qui n’en font pas… Et cela semble n’étonner personne !

2. L’infarctus est particulièrement fréquent chez les aborigènes d’Australie et les nomades du Sahel, qui ont un cholestérol moyen d’ 1,50g.

3. Entre 1,5 et 2,7 g/l de cholestérol, il n’y a aucune augmentation de la mortalité coronaire, qui ne commence à s’élever qu’au-delà de 2,7 et surtout 3g/l (mais corrélation n’est pas causalité. La grippe et l’importation des bananes s’accroissent en hiver). Mais en utilisant les logarithmes, on transforme cette courbe, dite en « crosse de hockey » ou en « J allongé », en une droite régulièrement ascendante d’1,5 à 3 g. Il s’agit là d’un pur trucage statistique, réalisé à dessein, qui fait rire tous ceux qui connaissent la statistique. Un trucage simpliste, qui saute aux yeux et qui n’aurait de validité que si nous traitions des logarithmes de malades avec des logarithmes de statines.

4. Les plaques d’athérome ne sont pas des dépôts de cholestérol, mais des cicatrices inflammatoires chronicisées chez certains, pour des raisons génétiques et dues aux chocs de pression sur les courbures et bifurcations artérielles. Le cholestérol ne fait que transporter dans les macrophages les acides gras qui leur apportent l’énergie nécessaire à la réaction inflammatoire. Les cardiologues sont à côté de la plaque.

5. Personne n’est parvenu à créer des plaques d’athérome chez l’animal (30 références), même en perfusant du cholestérol pendant des semaines pour atteindre un taux sanguin 8 fois supérieur à la normale. On n’obtient alors que des dépôts de "cholestérol", diffus dans tous les tissus, peau, œil, tendons, veines, foie, muscles… et même artères. Rien de commun avec l’athérome, mais ça ressemble aux formes graves d’hypercholestérolémie familiale, qui est une maladie génétique tout à fait à part, sans rapport avec l’athérome.

6. Les 70 essais cliniques des statines financés de 1994 à 2008 par l’industrie pharmaceutique (il m’a fallu 15 heures de travail pour analyser chacun d’entre eux) sont tous délibérément et lourdement falsifiés –  je ne dis pas biaisés, je dis falsifiés – à tous les niveaux :
- Exclusion de 80% des patients pour éviter les risques d’effets secondaires et fabriquer des patients « idéaux » (mais les résultats seront extrapolés à 100% de populations non sélectionnées).
- Double aveugle non respecté.
- Contrôle des patients tous les 6 mois seulement.
- Arrêt des statines par les patients dans 25% des cas.
- Prise de statines par le groupe placebo dans 15% des cas.
- 25% des patients perdus de vue.
- Critères d’évaluation multiples, chevauchants, subjectifs ou objectifs, souvent combinés de diverses façons, de telle sorte que quand le critère est cliniquement signifiant, il n’est pas statistiquement significatif et n’est significatif que quand il n’a pas de signifiance clinique.
- Résultats présentés sous forme de réduction relative et non de réduction absolue et sans évaluer le nombre de malades à traiter pour éviter un accident. Ainsi annonce-t-on 20% de réduction relative de la mortalité (exemple 80 vs 100) en 5 ans, sans dire que la réduction absolue par rapport au nombre de malades traités est de 20/2.000, soit 1% en 5 ans, soit 0,2% par an, soit 99,8% d’échecs, obligeant à traiter 500 malades pour écarter 1 accident par an ou 100 pour éviter 1 accident tous les 5 ans.

7. Malgré ces multiples biais, 82% des essais ne montrent aucun effet sur la mortalité coronaire et les accidents vasculaires cérébraux et 60% aucun effet sur les accidents cardiovasculaires, majeurs ou non.

8. En outre, ces effets soi-disant significatifs sont extraordinairement minuscules : sur 100.000 malades traités comparés à 100.000 non traités, 150 morts auraient été évités après 5 ans de traitement, soit 0,15%  des patients, obligeant à traiter plus de 600 malades pour écarter un décès par an, soit à 1.000 €/an  (médicaments, consultations, examens biologiques et d’imagerie, etc.), 600.000 € par décès soi-disant évité. Des résultats si minuscules qu’ils ont suscité un article quasi humoristique dans le British Journal of Medicine du 17 décembre 2013, montrant que les statines sont juste aussi efficaces qu’une pomme croquée chaque matin, mais avec plus de complications (l’étude, très sérieuse, porte sur 10 millions d’Anglais suivis 20 ans).

9. Même ces résultats infra-minuscules ne sont pas crédibles, car depuis 20 ans que les statines sont sur le marché, aucune diminution de la mortalité coronaire n’a pu leur être attribuée, leur effet éventuel s’effaçant derrière celui des antihypertenseurs, des antidiabétiques, de la lutte contre l’obésité et le tabac, et ceux de la prise en charge des infarctus du myocarde dans les 2 heures, dans les unités de réanimation.

10. Concernant les complications, il y a encore un livre à écrire. Elles ne sont en aucune façon anodines. Les essais cliniques de l’industrie, qui y consacrent …3% de la longueur des articles et qui ont tout fait pour écarter au préalable les patients à risque, ont dû pourtant stopper les études à cause des effets secondaires chez 10 à 15% des patients (complications musculaires, tendineuses, cutanées, neurologiques, psychologiques, sexuelles et nouveaux diabètes).

 

 

dimanche 6 avril 2014

DANCHIN STEG FERRIERES : Leaders d'opinion sous contrats

Certains médecins sont des spécialistes des relations avec les labos Pharma. On les appelle "leader d'opinion", car leur parole permet d'influencer les autres médecins.


On peut trouver la déclaration de leurs liens d'intérêts par de multiples voies.
Soit sur des sites comme celui de la Société Française de Cardiologie.

Nicolas DANCHIN :
Je soussigné(e) Nicolas Danchin, déclare les relations professionnelles suivantes pour l'année civile 2011 :
1 - Contrat de recherche
ASTRA ZENECA, NOVARTIS, MERCK MSD, SERVIER, PFIZER, SANOFI AVENTIS, The Medicines Company
2 - Contrat de consultant/conseil
Astra-Zeneca, BMS, Boehringer-Ingelheim, Glaxo-Smith-Kline, Novo-Nordisk, SANOFI AVENTIS, SERVIER, The Medicines Company
3 - Contrat dans le cadre d'actions de communication
ASTRA ZENECA, Brahms, Eli-Lilly, Menarini, MERCK, NOVARTIS, SERVIER, The Medicines Company
4 - Jetons de présence / avantages en nature

5 - Contrat salarié / actionnariat / autres (préciser)
Par ailleurs, je suis Président du Conseil Scientifique de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie

On peut noter le mélange des genres, le même homme travaillant à la fois pour le bénéfice des labos et pour la CNAM.
Pantouflage, portes-tournantes, voilà comment les labos contaminent l'intérieur des agences françaises. 

Pr. Jean FERRIERES :
Je soussigné(e) Jean Ferrieres , déclare les relations professionnelles suivantes pour l'année civile 2013 :
1 - Contrat de recherche : NOVARTIS
2 - Contrat de consultant/conseil
3 - Contrat dans le cadre d'actions de communication :
ASTRA ZENECA, NOVARTIS, MERCK MSD, SERVIER
4 - Jetons de présence / avantages en nature
5 - Contrat salarié / actionnariat / autres (préciser)


Je soussigné(e) Jean Ferrieres , déclare les relations professionnelles suivantes pour l'année civile 2011 :
6 - Contrat de recherche
CNIEL: Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière, SERVIER
7 - Contrat de consultant/conseil
8 - Contrat dans le cadre d'actions de communication
Formations médicales continues : ASTRA ZENECA, MERCK MSD, SERVIER
9 - Jetons de présence / avantages en nature
Frais d'inscription et de déplacement à la Société Européenne de Cardiologie à Paris pris en charge par SERVIER


Pr. Philippe Gabriel STEG :

 Je soussigné(e) Philippe Gabriel Steg, déclare les relations professionnelles suivantes pour l'année civile 2011 :
1 - Contrat de recherche : Servier
2 - Contrat de consultant/conseil  : Astellas, AstraZeneca, Bayer, Boehringer-Ingelheim, BMS, Daiichi-Sankyo/Lilly, GSK, Merck, Roche, sanofi-aventis, Servier, The Medicines Company
3 - Contrat dans le cadre d'actions de communication
AstraZeneca, GSK, Pfizer, SANOFI-Aventis, Servier, The Medicines Company
4 - Jetons de présence / avantages en nature
Aucun
5 - Contrat salarié / actionnariat / autres (préciser)
Co-fondateur et actionnaire de la Société Atérovax

Il est à noter que lorsque certaines personnes interviennent dans les médias, on n'a pas toujours accès à leurs liens d'intérêts, donc à leurs conflits d'intérêts.
Comme par exemple, cet article qui ne les cite pas : Cholestérol : « Les conséquences du livre du Pr Even sont terribles »

Ou parfois, l'article cite les conflits d'intérêts de manière succincte, comme si cela n'était pas important. Ou parfois, il ne les cite qu'après une demande répétée et avec laquelle le journal a du mal à se mettre en conformité.
Je rappelle que déclarer ses liens d'intérêts, c'est une mesure imposée par la loi. Cela n'a rien d'extravagant ou d'inquisiteur. Cela devrait être le B. A. BA pour un journal qui aurait un minimum d'éthique et de transparence.

 Déclaration de liens d'intérêt
Au cours des cinq dernières années, Eric Bruckert, Nicolas Danchin, Jean Ferrières et Gabriel STEG ont travaillé avec la plupart des industriels du médicament qui fabriquent des statines. André Grimaldi a travaillé avec les industriels intervenant dans le diabète. Alain Tedgui et Joël Ménard ne déclarent aucun lien d'intérêt dans le domaine des statines.

D'autres sites de citoyens font aussi la recherche des liens d'intérêts, car certains médecins ont la mémoire sélective ou sont atteints d'Alzheimer précoce et ciblé sur leurs liens avec les labos ou les associations financées par les labos :

"Dans la partie « déclaration des conflits d’intérêts » de la publication française, nous apprenons que M. Danchin a reçu des honoraires en tant que consultant et conférencier par les sociétés suivantes :
AstraZeneca, Bayer, BMS, Boehringer-Ingelheim, Daiichi-Sankyo, Eli-Lilly, GSK, MSD, Novartis, Novo-Nordisk, Pfizer,Roche, sanofi-aventis, Servier and The MedCo.

La plupart de ces sociétés commercialisent bien entendu des statines. PFIZER avec le Tahor (Lipitor chez nos amis outre-atlantique), NOVARTIS avec le Lescol, Aventis le Vasten, SANOFI le Lodales, BMS (pour Bristol Myers Squibb) l’Elisor et MSD (Merck) avec le Zocor."

On peut aussi chercher les noms des médecins sur le sites du "Sunshine Act" :
ou

Si on tape nom= Steg et prénom = Gabriel, voilà ce qu'on obtient :

10 résultats, avec les labos SERVIER  et DAIICHI SANKYO France (fabricant de statines).

On voit donc que la merveilleuse transparence de ce site, pourtant controversé et détesté par les labos Pharma, n'apporte que peu de renseignements.
Le cardiologue Gabriel STEG doit toucher beaucoup plus que 16 euros ou 33 euros à quelques reprises, puisqu'il a de nombreux contrats de consultance et de communication, qui doivent faire de lui un homme très très riche, au service des labos Pharma.

Mais je doute que l'on sache un jour le chiffre exact de ces contrats fort juteux, car ce genre de médecin est fort pour parler et s'exprimer dans les médias, mais aurait du mal à justifier les sommes colossales que l'industrie lui verse pour qu'il fasse sa communication pro-statines.
Cela permet même à ce médecin d'insulter le Pr Philippe EVEN, en le traitant de "complotiste" ou de "négationniste", ce qui n'est pas très confraternel.

http://www.lanutrition.fr/bien-dans-sa-sante/les-maladies/le-cholesterol/cholesterol-et-statines-comment-le-magazine-de-la-sante-a-traite-la-polemique.html

Dans un article d’octobre 2012 paru sur le site Theheart.org, dont la direction revient au Dr Gabriel Steg (l’un des cosignataires de l’article) et dont l’on notera la présence de Nicolas Danchin dans le comité scientifique (également un co-auteur de la tribune), le Pr. Grimaldi était interviewé par l’équipe de Theheart.org ) à propos du 1er livre des professeurs Even et Debré (Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux).
A la fin de l’article, on peut lire la déclaration de conflits d’intérêt de M. Grimaldi, qui confesse avoir « un service entièrement informatisé par un don du laboratoire Sanofi Aventis. »
Pour mémoire, un document officiel de l’Afssaps (nouvellement l’ANSES) nous rappelle que SANOFI Aventis commercialise deux statines, la simvastatine (lodales) et la pravastatine (vasten).

Pour terminer cette partie d’enquête, même Joël Ménard et Alain Tedgui, pourtant désignés comme neutres, possèdent des liens avec l’industrie du médicament qui fabrique des statines. Dans un article publié en 2011 [2], on apprend que M. Ménard était consultant chez NOVARTIS. Cette étude a par ailleurs été financée par PFIZER, un géant des statines.
M. Tedgui est quant à lui qualifié de « consultant » auprès de SANOFI Aventis et BMS dans une étude parue en 2005 [3], deux sociétés pharmaceutiques qui commercialisent des statines.

On entend aussi parler de M. Tedgui dans le scandale du MEDIATOR, l'amphétamine anorexigène du labo SERVIER :
http://siteinfosecusante.free.fr/spip.php?article2231

« La fondation de recherche sur l’hypertension artérielle, fondée par Seta, le dauphin de Servier, et animée par Alain Tedgui de l’Inserm, est financée par SERVIER.
Le centre de recherche cardio-vasculaire de l’hôpital européen Georges-Pompidou, animé par Alain Tedgui, est sponsorisé par SERVIER.


On peut aussi juste utiliser GOOGLE et taper le nom d'un médecin qui vient de communiquer dans un média.
Exemple avec Nicolas DANCHIN :
2011 : Statins and Intracerebral Hemorrhage : Dr Danchin has received research grants from Astra-Zeneca, Daiichi-Sankyo, Eli-Lilly, GSK, Merck, Novartis, Pfizer, Sanofi-aventis, Servier, and The Medicines Company. He has also received fees for speaking in industry-sponsored symposia and/or consulting for AstraZeneca, Bristol-Myers Squibb, Boehringer-Ingelheim, GlaxoSmithKline, Lilly, Menarini, MSD-Schering, Novartis, Novo, Pfizer, Sanofi-aventis, Servier, and The Medicines Company.

Vous pouvez aussi rechercher d'autres noms de cardiologues très médiatiques, chercheurs à l'INSERM ou épidémiologistes, et vous verrez qu'ils bossent, se croisant souvent, avec plus ou moins les mêmes fabricants de statines.


Les citoyens ne devraient pas se transformer en enquêteurs pour savoir que ces 7 messieurs ont de nombreux liens avec l'industrie des statines.
Les journalistes, s'ils faisaient leur travail de base, devraient nous informer et nous offrir ces liens d'intérêts sur un plateau, au bas de tout article.
C'est même la loi...


Même le CNOM (Conseil National de l'Ordre des Médecins) est d'accord avec cela :
Le décret sur la transparence des liens d’intérêts entre professionnels de santé et industriels du médicament et du matériel médical est paru hier après 18 mois d’attente.

A la suite de nos interventions les mécanismes subtils de cumuls, de tranches et de seuils, initialement envisagés, ont été abandonnés. Pourtant,, les usagers du système de santé n’auront qu’une vision fausse, confuse et tronquée des liens d’intérêts avec les professionnels de santé et les craintes exprimées par l’ordre des médecins il y a plus de 6 mois se révèlent malheureusement fondées (communiqué du  CNOM en date du 23 octobre 2012)

Les rémunérations versées aux professionnels de santé en contrepartie des travaux effectués pour le compte des entreprises ne seront pas rendues publiques. On pourra ainsi savoir le prix d’un billet d’avion offert à un praticien pour se rendre à un congrès mais pas les sommes qui lui sont versées en contrepartie de la présentation qu’il y fera ! C’est bien le contraire de la transparence attendue.

Les avantages perçus par les professionnels de santé au travers des associations subventionnées par les industriels ne seront pas publiables dans la mesure où ils ne seront pas  identifiables. Là encore on est loin de la transparence

Au nom du respect du secret des affaires qui l’emporte ici sur la protection de la santé publique, l’objet des contrats conclus par les industriels ne sera pas connu. Le public restera ainsi dans l’ignorance de la nature exacte des travaux effectués

Le Conseil national de l’Ordre des médecins ne peut donc que constater la priorité accordée aux exigences des industriels du médicament et du matériel médical.
Ce texte trahit manifestement la volonté du législateur et la loi  du 29 décembre 2011 relative à la transparence des activités des industriels de la santé
Un recours au Conseil d’Etat est envisagé

Dans la partie « déclaration des conflits d’intérêts » de la publication française, nous apprenons que M. Danchin a reçu des honoraires en tant que consultant et conférencier par les sociétés suivantes :
AstraZeneca, Bayer, BMS, Boehringer-Ingelheim, Daiichi-Sankyo, Eli-Lilly, GSK, MSD, Novartis, Novo-Nordisk, Pfizer,Roche, sanofi-aventis, Servier and The MedCo.
La plupart de ces sociétés commercialisent bien entendu des statines. Pfizer avec le Tahor (Lipitor chez nos amis outre-atlantique), Novartis avec le Lescol, Aventis le Vasten, Sanofi le Lodales, BMS (pour Bristol Myers Squibb) l’Elisor et MSD (Merck) avec le Zocor.
- See more at: http://www.dur-a-avaler.com/statines-cholesterols-pharmaceutique-even-lorgeril-artere-danchin/#sthash.Lu5odFbO.dpuf

samedi 5 avril 2014

GARDASIL : des articles qui le défendent

Ce blog traite aussi de l'indépendance de l'information scientifique. La controverse actuelle à propos du GARDASIL permet aux éternels défenseurs des labos de s'exprimer.
DEUX DECRYPTAGES d'articles en faveur de SANOFI.

Un article d'une journaliste, Aurélie Haroche, est exemplaire dans la façon de "manipuler" le lecteur, tout en prétendant avoir une sorte d'objectivité.

Premier DECRYPTAGE

"Il ne se passe guère une saison sans que nous soyons réveillés par la sourde menace d’un « scandale sanitaire »...réel ou supposé. Produits chimiques en embuscade dans des produits que nous utilisons (voir ingurgitons) tous les jours, médicaments se révélant inefficaces et dangereux ou encore, un grand classique, vaccins qui provoqueraient des effets secondaires terribles. La sphère médiatique s’agite, rythmée par les soubresauts de la justice, mais souvent (pas toujours), le scandale retombe comme un mauvais soufflé. Néanmoins, il ne disparaît jamais sans laisser de traces : quand bien même le vaccin serait innocenté par de multiples études scientifiques, quand bien même il n’y aurait aucune certitude sur la dangerosité de la substance chimique, quand bien même le danger du médicament serait principalement lié à sa mauvaise utilisation, demeure toujours dans l’esprit d’une partie du grand public l’idée d’une sourde menace, de tractations secrètes (voir d'un complot) faites sur le dos de leur santé. Les conséquences ne sont pas nulles et vont de la légère défiance à un refus de la médecine, tandis qu’est permis le foisonnement de nouveaux scandales, empruntant plusieurs symptômes aux précédents. Pour y faire face, l’Académie de médecine a récemment formulé plusieurs recommandations visant à faire « émerger (…) une information objective, impartiale, scientifique fondée, facilement accessible et compréhensible pour le public ». "

=> début "soft" : en mélangeant un peu tout, elle jette un premier doute et laisse apparaître le mot "complot", qui sous-entend que tout lanceur d'alerte est forcément un "complotiste", argument toujours utilisé par les défenseurs des labos.
En finissant par une citation de l'Académie de Médecine, elle laisse croire 1) que cette Académie est objective et impartiale (ce qui fait sourire...) et 2) qu'il faudrait restreindre la parole des lanceurs d'alerte pour faire émerger une "information calibrée, formatée, sous contrôle" et qui ne dirait que "la vérité".

Comment accroître l’angoisse des populations

"Oui, mais comment faire quand le « scandale » apparaît soutenu, nourri, par des médecins ? Le grand public, bien sûr, ne manque pas d’y voir une caution échappant (quasiment) à tout soupçon. Dès lors, la difficulté est plus grande encore de transmettre un message « objectif » et d’éviter qu’il ne soit considéré comme entaché de conflits d’intérêt. Cette quadrature du cercle s’illustre aujourd’hui avec "l’affaire" Gardasil, qui connaît actuellement de nouveaux soubresauts. La semaine s’est en effet ouverte par la mise en ligne d’une pétition signée par plus de 500 praticiens demandant l’ouverture d’une mission d’information parlementaire sur ce vaccin et s’est achevée par l’annonce de plusieurs nouvelles plaintes de jeunes filles affirmant être victimes d’une maladie neurologique en lien avec leur vaccination. Après avoir longuement évoqué le cas du Gardasil sur son blog en novembre en se demandant «Quand s’arrêtera la liste de ces soi-disant « scandales » sanitaires dès qu’un événement indésirable et nocif est détecté puis diffusé sans preuve avérée d’un rapport direct à un acte thérapeutique ou préventif ? », le professeur Guy Vallancien s’attaque de nouveau à ce sujet en évoquant la pétition de ses confrères, qu’il qualifie tout de go de « pétition d’horreur ». "

=> la journaliste oublie d'expliquer que le Pr Guy Vallancien est un "habitué" de la défense des labos. Elle minimise la plainte, en indiquant un chiffre faux (500) alors que la pétition avait déjà plus de 500 signatures, et en a maintenant plus de 1000.

Les statistiques impuissantes face à la rumeur

"L’auteur du blog « Santé 2020 » hébergé par le Monde revient tout d’abord sur les très rassurantes données statistiques. « Les données de la littérature internationale et française ne montrent pas d’augmentation de l’incidence des maladies auto-immunes ni plus particulièrement de SEP après une vaccination par le Gardasil » souligne-t-il entre autres. Face à ces chiffres et sachant, rappelle-t-il que « les maladies auto-immunes surviennent souvent à partir de l’adolescence », il considère la pétition comme « un moyen pervers de déstabiliser un progrès en angoissant la population sans preuves ». Il ajoute encore que « Ce type de procédé ne peut en aucun cas servir les jeunes femmes atteintes de maladie neurologique dans les semaines ou mois qui ont suivi la vaccination. Procédés insupportables en ce qu’ils sapent les fondements d’une approche scientifique de la pharmacologie » et finit en s’interrogeant « Existe-t-il des poursuites possibles envers ceux qui colportent ce genre d’informations gratuites ? Notre société vient d’atteindre le niveau d’alerte de la bêtise et de la peur». "

=> la journaliste met en avant les arguments de Vallancien, sans recul ni critique, comme le font les "bons journalistes qui veulent avantager une partie", les labos SANOFI dans ce cas.

L’impossible défense d’un produit pharmaceutique

"Ce billet explosif (comme souvent sous le clavier de Guy Vallancien) n’est évidemment pas passé inaperçu. L’auteur du blog Hippocrate et Pindare montre ainsi son désaccord certain avec Guy Vallancien en titrant : « Le Professeur Vallancien s’interroge sur les sanctions possibles de ceux qui ne pensent pas comme lui ». Le médecin généraliste n’a en effet nullement été convaincu par l’argumentaire du professeur Guy Vallancien dont il souligne qu’il paraît être « tout droit sorti du service marketing de Sanofi comme l’écrit un commentateur signataire » de la pétition. Ainsi, il apparaît sur les blogs que comme partout ailleurs, il est impossible de prendre la défense d’un produit pharmaceutique sans être immédiatement soupçonné de corruption ! "

=> ici, elle contredit les dires du blog, en prenant la défense de Vallancien, montrant facilement de quel côté elle se place. Or, il est possible de défendre un produit Pharma, sans être accusé de corruption. Il suffit de ne pas avoir de liens d'intérêts majeurs, de ne pas être un perpétuel défenseur des labos et de citer réellement des sources critiques, sans dénaturer les informations.

Entre lanceur d’alerte et colporteur de fausses informations : comment faire la différence ?

"Puis, faisant le lien avec la récente affaire Debré/Even, l’auteur du blog Hippocrate et Pindare observe en filigrane que le professeur Vallancien essaie d’en user avec les médecins signataires de la pétition comme l’Ordre avec les deux auteurs. « Tout ce qu’il affirme doit être retenu comme la vérité vraie. Toute pensée divergente doit être sanctionnée », note-t-il avant à son tour de s’interroger « N’est-ce pas au final le professeur Vallancien qui devrait être sanctionné ? Son billet est loin d’être confraternel, non ? », finit-il. "

=> en effet, l'Ordre des médecins tolère les propos non confraternels de personnes comme Guy Vallancien ou Gabriel STEG, des leaders d'opinion, dont les propos sont très médiatisés dès qu'il s'agit de défendre les labos.
Quand Gabriel STEG a insulté publiquement le Pr EVEN dans une vidéo où il le traitait de "complotiste, négationniste", où était le Conseil pour le rappeler à l'ordre ?

"Au-delà de cette passe d’arme, au-delà même du cas Gardasil, on peut se demander si l’auteur du blog Hippocrate et Pindare, apparemment d’abord préoccupé par la protection des lanceurs d’alerte, n’a pas laissé de côté la véritable question soulevée par Guy Vallancien qui concerne la responsabilité des médecins dans la diffusion des prétendus scandales sanitaires. Une fois encore au-delà du cas précis de ce vaccin, n’appartient-il pas aux médecins, en l’absence de suspicions scientifiques réellement fondées, d’observer un certain recul face aux affaires brandies par les médias. Non pas qu’il faille les empêcher de jouer le rôle de lanceur d’alerte, mais peut-être est-il nécessaire de les inciter à la rigueur scientifique dans leur entreprise de dénonciation, en raison du poids de leur parole auprès des patients. Et dans ce cadre ne pourrait-on envisager un rappel à l’ordre de ceux qui prêtent leurs voix à des informations infondées…"

=> il faudrait déjà que la parole journalistique soit informée, ce qu'elle n'est que trop rarement. De nombreux journalistes ne font que "recopier" des bouts de phrases de leader d'opinion ou des info de l'AFP, sans vérification des sources, sans aucune divulgation des conflits d'intérêts.
Récemment, le journal Le Monde avait ainsi permis à des médecins d'attaquer le Pr . EVEN, sans que ceux-ci déclarent leurs nombreux conflits d'intérêts au départ. Ce journal Le Monde a eu un mal fou à accepter que les liens d'intérêts soient enfin publiés, ce qui montre que la transparence n'est pas dans son ADN.

On a donc des parangons de l'hypocrisie, qui semblent défendre le public, voulant diminuer "son angoisse" en étouffant les nombreux scandales sanitaires.
Au lieu de cela, il vaudrait mieux diminuer les prescriptions inadaptés et leurs effets secondaires, pour certains produits Pharma sans intérêt, inutiles ou dangereux.

Article du FORMINDEP qui en dit long sur Guy VALLANCIEN


Second DECRYPTAGE

un extrait d'un article de " La voix du Nord" :

4. Ces vaccins protègent-t-ils du cancer du col de l’utérus, avec quelle efficacité ?
Ces vaccins protègent contre des papillomavirus humains (HPV) qui eux-mêmes sont responsables d’environ 73 % des cancers du col de l’utérus. Avec 3000 nouveaux cas et 1100 décès en 2012, ce cancer se classe au 11e rang, par sa fréquence, des cancers chez les femmes en France. Selon Sanofi Pasteur MSD, le Gardasil a un taux d’efficacité de 97 % chez les jeunes filles qui ne sont pas déjà infectées par le HPV.

 => paroles à SANOFI, sans aucune critique

Le Dr de Chazournes conteste ce chiffre et affirme que « le Haut conseil de santé public (HCSP) estime à moins de 20% son efficacité tous virus HPV confondus chez les 16-23 ans ».

 => parole au lanceur de la pétition : citation très courte et noyée dans les arguments en faveur de SANOFI

Pour Dr André Dahlab, directeur-adjoint aux affaires médicales de Sanofi Pasteur MSD, « le HSCP ne dit pas cela, ce sont les allégations de M. De Chazournes (qui) joue sur différents types d’efficacités calculés ». « Parmi les jeunes filles qui ont participé initialement aux essais cliniques et que l’on a continué à suivre, on n’a constaté la survenue d’aucun nouveau cas de lésions précancéreuses » avec un recul de huit ans pour le Gardasil, selon le Dr Dahlab.

=> à nouveau, la parole est donnée à l'employé de SANOFI, sans critique ni recul, ni vérification des sources


5. Ces vaccins peuvent-ils entraîner des effets indésirables graves comme des maladies auto-immunes en particulier la sclérose en plaque ?
Selon le point fait en novembre par l’Agence du médicament ANSM, 435 cas d’effets indésirables graves dont 135 maladies auto-immunes incluant 15 cas de sclérose en plaque (SEP) ont été notifiés en France sur 5 millions de doses de Gardasil injectées depuis 2006. « Par ailleurs, les données de la littérature internationale et française ne montrent pas d’augmentation de l’incidence des maladies auto-immunes, ni plus particulièrement de SEP après une vaccination par Gardasil », selon l’ANSM.

 => l'article oublie de dire que les notifications sont notoirement sous-déclarées, avec un facteur d'au moins 100. La Pharmacovigilance est un point faible de la France, avec un manque d'accès aux données de santé et jalousement gardées secrètes.
Rappelons que l'ANSM a été mise en examen dans l'affaire MEDIATOR, tellement elle a été incompétente dans ce dossier et tellement elle a défendu le médicament du labo SERVIER.

 Pour le Dr Dahlab, « on bénéficie d’un énorme recul avec le Gardasil avec 140 millions de doses administrés dans tous les pays du monde; on n’a pas vu de sur-risque de maladies auto-immunes lié au Gardasil ».

=> l'article finit sur la parole du commercial de SANOFI, le Docteur Dahlab. Encore un exemple d'article journalistique qui n'a pour but que de défendre un labo.

http://www.lavoixdunord.fr/france-monde/ce-qu-il-faut-savoir-sur-les-vaccins-contre-le-cancer-du-ia0b0n2038244


Site de la pétition :
http://www.medocean.re/2014/02/si-vous-etes-medecin-generaliste-ou-specialiste-et-si-vous-etes-daccord-avec-nous-sur-les-points-suivants/

mercredi 26 mars 2014

Soutien au professeur EVEN


EXCLUSIF. Des médecins apportent leur soutien au professeur EVEN

Absence de confraternité et manque de déontologie, opération commerciale à l’encontre des données acquises de la science : voici ce qu’a invoqué la Chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins d’Ile-de-France pour condamner, le 17 mars, à une privation d’un an d’exercice de la médecine, dont six mois avec sursis, les professeurs Even et Debré, deux ans après parution de leur « Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles et dangereux » (Editions du Cherche Midi). Les principales critiques sont venues des allergologues, les auteurs ayant mis en cause la pertinence de la désensibilisation, mais bien sûr aussi des cardiologues, collectivement réfractaires à une relecture des études d’origine désignant le cholestérol comme un ennemi de l’organisme, ce que réfute absolument Philippe Even.
Si le livre contient bel et bien des erreurs (passer en revue les 4.000 médicaments de la pharmacopée française est une entreprise herculéenne), le professeur a eu le mérite, estiment ses défenseurs, de faire ce qu’aurait dû faire depuis belle lurette une autorité de santé digne de ce nom. Et ce, d’autant plus que le guide révèle sa pertinence au fil de l’actualité. Un exemple avec la dangerosité des pilules de troisième génération, précisément décrite dans l’ouvrage plus d’un an avant que le scandale n’éclate. Pour ces raisons, des voix s’élèvent et non des moindres pour défendre l’auteur et contester le bien- fondé de la condamnation, dans une pétition emmenée par l’hématologue Dominique Meyer, de l’Académie des sciences. Voici le texte. Et le nom des premiers signataires.

Anne Crignon – Le Nouvel Observateur


Le texte de soutien au professeur Even
« Nous sommes scandalisés par la décision du Conseil régional de l’Ordre des Médecins de suspendre d’exercice Philippe Even, coauteur du Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux au motif qu’il s’agirait ‘une opération commerciale et non-confraternelle, allant à l’encontre des données acquises de la science et susceptibles d’inquiéter les malades’. Nous regrettons une sanction portant atteinte à la liberté d’expression, sous le couvert d’une confraternité trop souvent caution de la loi du silence. Nous voulons témoigner de notre estime pour Philippe Even, de notre confiance en son intégrité, son désintéressement, la qualité et le courage de ses analyses. Co-auteur de plusieurs ouvrages de médecine et de physiologie anglo-saxons, il a aussi traduit ou écrit plusieurs livres visant à faire connaître au public français les relations parfois troubles entre certains médecins universitaires et l’industrie pharmaceutique.
Nous voulons dire notre admiration pour la ténacité avec laquelle il mène depuis des années son combat de lanceur d’alerte, en ouvrant de nombreux et indispensables débats, sur des bases scientifiques et non sur des arguments d’autorité, pour une médecine plus efficace et plus sûre, au seul service des patients et de leurs médecins. »

Pr JM. ANDRIEU, cancérologue
Pr EE. BAULIEU, endocrinologue, Académie des Sciences
Pr C. BRECHOT, hépatologue, Directeur Général de l’Institut Pasteur,
Pr JL. CASANOVA, généticien, Université Rockefeller, New-York et Université Paris Descartes,
Dr J. CHASSIGNEUX, Médecine Interne, Paris
Pr P. DEHEUVELS, statisticien, Université Paris 6, Académie des Sciences
Dr Philippe. FOUCRAS, Formindep (Pour une formation et une information médicales indépendantes)
Pr A. FISCHER, immunologiste et pédiatre, Académie des Sciences
Dr Irène FRACHON, pneumologue, CHU de Brest, « en hommage au relais courageux de Philippe Even pour dénoncer le crime du Mediator »
Pr B. GUIRAUD-CHAUMEIL, neurologue, Ancien Président de la Conférence des Doyens des Facultés de Médecine
Pr JJ. LEFRERE, Directeur de l’Institut National de Transfusion Sanguine
Dr Michel DE LORGERIL, cardiologue, CNRS, Grenoble
Pr GM HALPERN, Université Polytechnique de Hong-Kong
Pr D. MEYER, hématolologiste, Acad. Sciences
Pr Ph. MEYER, néphrologue, m.c. Académie des Sciences
Dr Philippe NICOT, Formindep
Olivier POSTEL-VINAY, Ancien directeur de « La Recherche », directeur de la revue BOOKS
Pr M. RADMAN, biologiste cellulaire et moléculaire, Académie des Sciences
Pr D. RAOULT, microbiologiste, ancien président de l’Université de Marseille
Pr JC. WEILL, immunologiste, Académie des Sciences


D'autres noms veulent se joindre à ce début de soutien contre ce qui apparait comme une tentative de faire taire un homme qui dérange l'industrie Pharma.
Lien vers une pétition de soutien


A lire ou à relire :
http://www.europe1.fr/Sante/Le-Pr-Even-sanctionne-recoit-le-soutien-de-confreres-1924807/


http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/cholesterol-la-polemique-continue_1237783.html

 http://www.books.fr/blog/une-occasion-inespre/



http://www.books.fr/blog/bon-et-mauvais-cholestrol/

mercredi 22 janvier 2014

Le Professeur EVEN attaqué, pour le museler

Des "allergologues en colère" ont déposé plainte suite à la parution du livre d'Even et Debré.
Le livre du professeur EVEN avait qualifié certains allergologues de "gourous", "charlatans" et "marchands d'illusion", indiquant que certaines de leurs pratiques ne s'appuyaient sur AUCUNE SCIENCE validée. La désensibilisation était particulièrement visée (page 315 du livre).

Les plaintes de ces allergologues, regroupés en fédération et ordres départementaux (et parfois  financés par l'industrie pharmaceutique), s'appuient sur une charte de déontologie vieillotte et liberticide.

  • L'article 31 stipule que « tout médecin doit s'abstenir, même en dehors de l'exercice de sa profession, de tout acte de nature à déconsidérer celle-ci"
=> Ce n'est pas la profession entière qui est visé, mais certains de ses membres seulement, ceux qui en ternissent l'usage selon le professeur Even.

  • l'article 56, selon lequel « les médecins doivent entretenir entre eux des rapports de bonne confraternité ».
=> Comment entretenir des rapports de confraternité avec des arnaqueurs, des menteurs, des pourris qui nuisent aux patients ?
=> Comment dénoncer des abus, si on doit être "confraternel" en permanence ?

  • Outre la mise en cause des allergologues, les deux avocats ont déploré la vigueur avec laquelle les deux professeurs avaient critiqué l'usage des médicaments de la famille des statines dans la prise en charge des problèmes de cholestérol.
=> là on comprend mieux le but de la manœuvre, qui fait suite à l'affaire EVANS Study (une étude ridicule et mal fait, qui tente d'impliquer le livre du Pr Even dans l'arrêt de statines, donc dans certaines morts, par un raisonnement excessif, fallacieux et facilement démontable).

Il y a clairement un mouvement anti-EVEN, qui vise à le gêner, à l'ennuyer, à le dénigrer.
Ses propos sur les statines gênent l'industrie Pharma. C'est évident.

L'industrie emploie la stratégie marketing habituelle, qui correspond à la règle des " 3 D"
Dénier (le problème)
Délai (retarder les analyses et les procès)
Dénigrer (ceux qui portent le mouvement adverse, l'étude qui gêne, etc..)
L'affaire MEDIATOR en est un exemple récent, et EVEN a participé aussi à cette affaire, par son rapport.

Et même si les propos d'EVEN ont été excessifs et ont blessé des allergologues, il faut quand même faire attention à ce que l'industrie ne musèle pas cet homme brillant et médiatique, qui va apporter sa pierre à l'édifice de la critique des pratiques médicales, à sa façon particulière et indépendante.
On ne pourra pas sortir de la crise sanitaire permanente, si les médecins ne comprennent pas qu'ils doivent réagir face à leur "partenaire industriel", dont l'omniprésence est devenu monopolistique.
 http://www.lemonde.fr/sante/article/2014/01/22/les-allergologues-irrites-par-le-livre-de-debre-et-even_4352097_1651302.html

 page 315 :
La désensibilisation n'est ni fondée, ni efficace, ni sans danger, ni sans contrainte, ni sans coût. Elle est seulement sans résultats. Mais elle rapporte.

Le live d'EVEN ne s'attaque pas à des médecins qui pensent bien faire. Il s'attaque à une pratique non fondée, inutile ou dangereuse.
C'est donc tout à fait en harmonie avec le titre de son livre.

lundi 13 janvier 2014

The LANCET - La recherche médicale en danger

Selon 5 articles du LANCET, la recherche biomédicale est gâchée, car dès le départ, on part sur de mauvaises pistes, on fait un protocole foireux qu’on ne respecte même pas, on biaise les résultats qu’on ne communique pas et on ne publie pas ce qui gêne.

Ainsi, tous les auteurs confirment les propos de Michel De Lorgeril, de Philippe EVEN ou d'autres qui disaient cela depuis des années.

Mais maintenant, qui oserait dire qu’ils sont isolés et qu’ils voient le mal partout ?
http://www.thelancet.com/series/research

How to increase value and reduce waste when research priorities are set
Iain Chalmers, Michael B Bracken, Ben Djulbegovic, Silvio Garattini, Jonathan Grant, A Metin Gülmezoglu, David W Howells, John P A Ioannidis, Sandy Oliver

Increasing value and reducing waste in research design, conduct, and analysis
John P A Ioannidis, Sander Greenland, Mark A Hlatky, Muin J Khoury, Malcolm R Macleod, David Moher, Kenneth F Schulz, Robert Tibshirani

Increasing value and reducing waste in biomedical research regulation and management
Rustam Al-Shahi Salman, Elaine Beller, Jonathan Kagan, Elina Hemminki, Robert S Phillips, Julian Savulescu, Malcolm Macleod, Janet Wisely, Iain Chalmers

Increasing value and reducing waste: addressing inaccessible research
An-Wen Chan, Fujian Song, Andrew Vickers, Tom Jeff erson, Kay Dickersin, Peter C Gøtzsche, Harlan M Krumholz, Davina Ghersi,H Bart van der Worp

Reducing waste from incomplete or unusable reports of biomedical research
Paul Glasziou, Douglas G Altman, Patrick Bossuyt, Isabelle Boutron, Mike Clarke, Steven Julious, Susan Michie, David Moher, Elizabeth Wager


Philippe EVEN - au Cherche Midi :

 La recherche biomédicale en danger

Les Leçons du Médiator - l'intégralité du rapport sur les médicaments
 Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux
 La vérité sur le cholestérol

Ben GOLDACRE
 BAD PHARMA
 Bad Science

Michel de LORGERIL
Cholestérol, mensonges et propagande
Son blog

Stéphane HOREL
Les médicamenteurs : un site, un livre, un documentaire

Mikkel Borch-Jacobsen, John Abramson, David Healy, Jeremy Greene, ...
BIG PHARMA, une industrie toute-puissante qui joue avec notre santé
http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-lindustrie-pharmaceutique-une-industrie-toute-puissante-et-notre-sante

jeudi 9 janvier 2014

Quels risques à arrêter une statine ? - Revue Médecine




La revue Médecine a sorti 4 articles à propos des statines. J'en propose ici une vue d'ensemble.

EDITORIAL de Jean-Pierre Vallée - Revue Médecine
L'édito rappelle que la rosuvastatine et l'atorvastatine "relativement récentes, largement promues, mais, contrairement à l’opinion générale, n’ayant pas démontré d’efficacité sur la mortalité totale. Ce sont deux hypocholestérolémiants, uniquement étudiés sur des critères intermédiaires"
Il rappelle aussi l'échec des fibrates et du torcetrapib (inhibiteur de la CETP), malgré leur efficacité sur les "chiffres" du cholestérol".
Il évoque la dernière recommandation (NHLBI / AHA) qui :
Ce numéro de Médecine a pour but : "de répondre à une urgence du moment : remettre à sa juste place – de propagande – un article stigmatisant publiquement la dangerosité de l’arrêt des statines, donc celle des prescripteurs qui, pour une raison ou une autre, seraient coupables de cet arrêt."


Note : cet éditorial fait référence a un article "pseudo-scientifique" émanant de cardiologues qui ont de forts liens d'intérêts avec l'industrie et qui ont réalisé une étude bancale, hasardeuse et approximative, qui a pour but de nuire à l'image du Professeur Philippe EVEN, ainsi qu'à son livre "La vérité sur le cholestérol".
En effet, ces leaders d'opinion sous-entendent qu'arrêter un traitement par statines serait dangereux et aurait conduit à des morts (grâce à des hypothèses et des statistiques trompeuses de leur article, peu crédible)


Quels risques à arrêter une statine ? Michel de Lorgeril
L'article de Michel est plus radical, vous vous en doutez, mais repose sur l'analyse de nombreux essais.
Il rappelle l'importance de l'année 2006, où la nouvelle réglementation a été mise en place.
Après avoir montré la faiblesse de l'article mis en avant par des cardiologues parisiens (article qui vise à culpabiliser toute personne ayant un esprit critique sur les statines, car il pourrait "tuer" des gens qui arrêteraient leur traitement...), l'auteur répond à la question statine par statine :
  • Inefficacité totale de la rosuvastatine (Crestor°) : études JUPITER, CORONA, GISSI, AURORA
  • Comparaison rosuva vs atorvastatine : SATURN, MIRACL => aucune efficacité de l'atorva (Tahor°)
  • Inefficacité de la simvastatine : IDEAL (simva vs atorva) => inefficacité de Zocor°, Lodales°, Inegy° ou de ses 27 génériques

Il conclue sur l'avis d'experts indépendants : " [...] chez les sujets à faible risque, les statines n’ont aucun intérêt", laissant de plus entendre clairement que l’arrêt du traitement ne pourrait avoir que des bénéfices."

L'arrêt des statines est-il dangereux - La rédaction de Médecine
L'article explique que l'article de Michel de Lorgeril n'a pas fait l'unanimité, mais que ces arguments sont suffisamment intéressants :
"Il nous a donc semblé que les arguments développés par Michel de Lorgeril pour « rendre leur liberté de prescription aux médecins, qu’il faut arrêter de terroriser avec de fausses alarmes », méritaient d’être entendus et discutés, [...] "
L'article rappelle ce que les articles du FORMINDEP disent :
- des enjeux complexes
- une influence intense de l'industrie, même envers les "guidelines"
- un coût annuel de 1 000 000 000 d'euros
- un mécanisme mal connu, qui va au de-là de la baisse du "cholestérol"
Les auteurs rappellent qu'un "petit groupe de cardiologues parisiens" (des KOL ou leader d'opinion) ont produit un "article alarmiste", comportant des "informations approximatives", issue d'une "extrapolation hasardeuse d'une unique méta-analyse de 2009", avec tous "de puissants liens d'intérêts".
L'article insiste sur la continuité entre prévention secondaire et prévention primaire : " La réduction relative de la mortalité y est constante, d’environ 10 % pour l’ensemble des essais inclus, effet peu influencé par la nature ou le contexte de ces essais."
" Le même raisonnement pourrait être tenu sur les critères cliniques « secondaires » que sont les infarctus du myocarde et les AVC, mais avec plus d’incertitudes [...]"
L'article souligne les conclusions d'une méta-analyse de 2010 :
" Les essais les plus anciens ont le plus faible niveau de preuve"
" la faiblesse du gain individuel en termes de probabilité de décès."

L'arrêt d'un traitement « inefficace » – parce que non justifié – est sans conséquence.
L’arrêt d’un traitement « efficace » : on ne sait pas (trop de paramètres…)
Conclusion de l'article :
" Plutôt que de se sentir contraints par les guidelines à prescrire des statines aux patients à faible risque cardio-vasculaire, les médecins leur rendraient un service autrement plus important en leur expliquant l’ampleur des avantages et des incertitudes sur les méfaits des statines et en discutant des données épidémiologiques qui montrent que les risques comportementaux – tabac, sédentarité, et nutrition inadaptée – sont responsables de 80 %des maladies cardio-vasculaires."

Statines : étonnante histoire d'un blockbuster - Jacques Beaulieu

La mévastatine (ML-236B), a été le premier membre de la classe des statines à voir le jour en 1976. Sa production fut stoppée peu après car le médicament administré à forte dose provoquait de sévères lésions musculaires.

En 1987 la lovastatine puis en 1989 la simvastatine (Zocor°)

En 1985, il réalisa la synthèse de l’atorvastatine, produit qu’on nomma le CI-981. Dilemme : lors des essais sur les animaux, le produit ne s’était pas montré supérieur à la lovastatine de Merck, déjà en marché.

La compagnie avait alors peu de projets dans son pipeline et il fallait arriver avec un nouveau médicament, la protection du brevet de leur médicament phare, le Lopid, un fibrate, arrivant à expiration. Par ailleurs, même s’il n’allait chercher que 10% du marché des statines avec l’atorvastatine (Tahor°), le potentiel demeurait encore des plus rentables.


NB : Or, le Tahor rapporta un jackpot absolu : plus de 120 milliards de dollars en 14 ans. Un médicament peu efficace et toxique n'a pu réussir qu'avec un marketing intense, mensonger et planétaire.


Conclusion générale : L'ensemble de ces 4 articles montre bien qu'il y a des enjeux économiques gigantesques (personne n'en doutait...) mais qu'il y a maintenant une volonté des "scientifiques" payés par l'industrie de nuire au débat d'idées, et d'étouffer toute controverse par de la propagande et du marketing mensonger. 

Ces quelques cardiologues parisiens sont nuisibles et ont "prostitué" leur savoir, dans leur propre intérêt, reniant le serment d'Hippocrate depuis longtemps. 

Les experts américains du cholestérol sont devenus fous !

 Analyse critique de l'atorvastatine (TAHOR°)  

Le scandale du CRESTOR° (rosuvastatine) 

 

 

 

dimanche 7 avril 2013

L’histoire commerciale des statines - 1) Avant les statines



L’histoire commerciale des statines

1 - Avant les statines 

Dans les années 60, le cholestérol n’avait toujours pas de médicament "palatable" pour le patient (palatable signifiant acceptable pour le palais du patient et entrainant une observance suffisante au traitement). Les médicaments abaissant le cholestérol n’étaient pas sûrs, n’étaient pas efficaces ou avaient des effets secondaires gênants, rendant la thérapie intenable. Le bénéfice des thérapies non médicamenteuses (comme des régimes anti-cholestérol) n’avaient pas de bénéfices démontrés.

Dans les années 70, de nombreux auteurs ont commencé à dénoncer l’idée que s’intéresser à un cholestérol élevé n’était qu’un charlatanisme sanitaire.
En 1980, la NAS (National Academy of Sciences) sortit un rapport suggérant que les efforts visant à contrôler la cholestérolémie manquaient de justifications dans la pratique clinique et dans la littérature scientifique. Comment le cholestérol avait-il perdu son intérêt dans le corpus grandissant de la cardiologie préventive ? Et comment, dans la période suivant 1980, ce composé a-t-il retrouvé sa place dans la sphère de l’activité clinique « mainstream » (reconnue ?) et mobilisé l’anxiété du public ?
Comment la théorie du cholestérol a pu passer d’une idée relevant du « charlatanisme » en 1980 à une acceptation quasi-mondiale en  1985 ?

L’athérosclérose et l’idée pastorienne du germe
L’idée que le cholestérol est lié à l’athérosclérose provient d’un modèle de maladie basée sur les lésions. Le fait est qu’on retrouve du cholestérol dans les plaques d’athérosclérose. C’est ainsi que des chercheurs ont eu l’idée d’assimiler le cholestérol à un « germe », selon le concept que toute maladie a une cause unique, que l’on pourrait donc traiter par un médicament unique : c’est le concept du traitement miracle (« magic bullet »). C’est à cette époque que l’idée qu’un élément non vivant pouvait aussi être à l’origine d’une maladie (vitamine B3 et pellagre, vitamine B12 et anémie pernicieuse ou silice et silicose).
L’idée serait donc que le cholestérol serait l’agent principal de l’athérosclérose, comme le bacille de Koch est celui de la tuberculose. Dans les années 30 et 40, on commença donc à inoculer du cholestérol à des lapins ou à des chiens, avec des résultats d’abord controversés ou inexistants, jusqu’à ce qu’un modèle de poule (omnivore) rendue malade par du cholestérol commence à convaincre (Katz, 1952).
Mais le cholestérol étant fabriqué par le foie et présent chez tous les humains, ainsi que la nature asymptomatique de l’athérosclérose, la translation entre cholestérol et maladie était dure à faire du laboratoire à la pratique clinique.
Il fallut l’intervention active d’hommes comme Jeremiah STAMLER et Ancel KEYS pour que l’idée que le cholestérol était un facteur de risque commence à entrer dans les cerveaux des médecins. Pour cela, la promotion du résultat de certaines études épidémiologiques comme Framingham ou l’étude des 7 pays était nécessaire.

L’échec successif de nombreux médicaments
Mais pour convaincre une communauté médicale, il faut plus qu’un modèle animal ou qu’une étude épidémiologique. Il faut une étude clinique et un traitement à proposer. La recherche d’un traitement réduisant le cholestérol produisit donc de nombreux agents : choline, inositol, lécithine, extraits de thyroïde, estrogènes, extraits d’animaux (cerveau ou pancréas) ou de plantes (artichaut, ail), etc. Echec de ces composés.
Le premier médicament qui accéda au marché fut MER/29 (triparanol), produit par Richardson-Merrell Company (qui possédait la marque Vicks VapoRub et qui appartient maintenant à Procter&Gamble). En 1959, on annonça un nouveau médicament qui réduisait significativement le cholestérol et qui était bien toléré cliniquement, avec aucun effet secondaire. Nous remarquons que le discours du marketing pharmaceutique n’a pas évolué d’un iota sur ce plan là et que tous les médicaments retirés du marché après avoir tué ou handicapé des milliers de personnes étaient tous annoncés comme  « bien toléré cliniquement et sans effet secondaire important ».
Il est intéressant de lire la documentation interne de l’entreprise, s’enthousiasmant sur les retombées financières d’un tel monopole (être le seul à avoir un médicament anti-cholestérol) et de voir comment elle imposa sa nouvelle molécule. Elle fit appel aux mêmes scientifiques, aux mêmes individus et institutions qui avaient déjà fait leur preuve dans le lancement du Diuril (anti-hypertenseur de la société MERCK). Certains cardiologues déjà impliqués furent à nouveau sollicités pour participer à la campagne de lancement commençant à Princeton, en décembre 1959 : notons les noms d’Irvine PAGE, John MOYER et Robert WILKINS. Les médias grand public et la presse médicale firent partie de l’ampleur donnée à cet événement commercial.

La FDA (Food and Drug Administration) approuva le MER/29 en juin 1960. Dès 1961, la campagne marketing commençait avec une gamme d’outils variés :
  • Une lettre de prestige, signée du président de Merrell et envoyé à 160 000 docteurs et praticiens,
  • Un classeur envoyé par Western Union à 100 000 docteurs, contenant les données de base de MER/29, avec les actes de la conférence de Princeton,
  • Un dossier publicitaire de 8 pages dans 15 journaux de médecine ou de cardiologie,
  • La répétition mensuelle de cette même publicité, mais sous un format de 2 pages seulement,
  • Des envois postaux, 3 fois par mois, de documents ciblant les 100 000 médecins ayant reçu le classeur et permettant de le remplir,
  • Une conférence nationale visant à éduquer les visiteurs médicaux.
Cette campagne coûta 800 000 dollars, davantage que tous les budgets de tous les autres produits vendus l’année précédente par la compagnie. A la fin de l’année, MER/29 avait atteint 300 000 consommateurs et généré un volume de ventes de 5 millions de dollars.
Mais le MER/29 bloquait la dernière étape de la fabrication du cholestérol. La molécule précurseur, le desmostérol, s’accumulait donc. On le retrouvait en excès dans le cristallin de l’œil, le follicule pileux et la peau, produisant cataractes, pertes de cheveux et ichtyose, une maladie cutanée produisant des sortes d’écailles sur une peau dure.

Il est alors intéressant de noter comment l’industrie réagit à ce genre de nouvelles. En effet, toutes les industries ont toujours réagi comme ça, dans leur grande majorité. Au lieu de reconnaître le problème et d’avertir les consommateurs et les médecins, l’industrie sous-estime le problème et communique e manière rassurante. Dans ce cas là, la visite médicale permet une tromperie du médecin, qui s’inquiète à juste titre, et qui reçoit une réponse stéréotypée issue du marketing, réponse préparée pour gérer la crise. Cette attitude permet aux ventes de perdurer et à l’entreprise d’engranger des millions pour chaque mois qu’elle gagne en dissimulant le scandale sanitaire.

On remarque alors que la FDA a du mal à jouer son rôle de régulateur. Alors que Merrell continuait à inonder les médecins avec sa publicité sur de multiples supports et médias, l’entreprise refusait d’envoyer une lettre d’avertissement aux médecins. Elle ne le fit qu’en décembre 1961. Le médicament fut retiré du marché en 1962.

La fraude et l’industrie pharmaceutique
Ce fut un coup rude pour Merrell, surtout que la FDA refusa l’AMM de son prochain médicament, déjà annoncé comme un blockbuster : l’antiémétique thalidomide. Et comme dans d’autres affaires, les données existaient, mais avaient été soit dissimulées ou non prises en compte. Cela fit à l’entreprise une publicité bien plus négative que le scandale du thalidomide qui suivit. Car Merrell avait dissimulé les effets secondaires du MER/29 et encouragé ses visiteurs médicaux à rejeter la faute sur les autres médicaments pris par les patients.
De plus, un ancien employé de Merrell, Beulah Jordan, apporta aux inspecteurs de la FDA des preuves que le laboratoire avait fabriqué une grande partie des données d’efficacité et de sureté, pour obtenir l’AMM en trompant la FDA. La société fut donc condamnée pour mensonge, fraude et tromperie intentionnelle des agences gouvernementales et des citoyens américains. Notons que la sentence fut une amende et un sursis de 6 mois, au lieu de 5 ans de prison.
Merrell fut donc le premier symbole de la corruption de l’industrie Pharma dans l’esprit du public américain, à cause de 2 scandales successifs : le MER/29 et le thalidomide. Après le procès en pénal, il y eut de multiples procès au civil, aboutissant à un total d’environ 50 millions de dollars de poursuites.
Il est évident que la balance bénéfice/risque du MER/29 ne plaidait pas en sa faveur. Si ce médicament avait immédiatement sauvé des vies, on lui aurait peut-être pardonné cataracte, perte de cheveux ou ichtyose. Mais avec une maladie asymptomatique et une communauté scientifique doutant du rôle du cholestérol dans cette maladie, on ne pardonna pas au MER/29 ce qu’on aurait peut-être accepté pour un traitement anti-cancer ou un antibiotique sauvant d’une épidémie infectieuse. Pour accepter une exposition au long terme, en prévention d’une maladie asymptomatique, il fallait davantage de preuves.

D’autres médicaments échouèrent à s’imposer sur ce marché fructueux : il y eu la néomycine (Upjohn), l’héparine, la niacine (acide nicotinique, vitamine B3), etc. Notons que chaque médicament baissait bien le « méchant cholestérol ».

Un médicament fut mieux toléré : le clofibrate (Atromid-S). Mais l’étude Coronary Drug Project(1975) montra son inefficacité sur la mortalité totale, le critère primaire de l’étude. Notons qu’à cette époque, les scientifiques sérieux utilisaient le critère de mortalité totale comme étant le meilleur test d’un médicament sur la santé globale du patient. Par la suite, le critère primaire devint de moins en moins « solide » et bascula soit vers la mortalité cardiovasculaire (ce qui n’est pas si mal mais insuffisant en terme de santé globale du patient) puis incorpora de plus en plus des critères « subjectifs», comme différentes définitions d’infarctus non mortels (basés sur un critère biochimique moins fiable que le critère ECG) et des décisions médicales comme l’hospitalisation ou la revascularisation.
Pour simplifier, disons qu’un patient veut un médicament qui rallonge sa vie et améliore sa vie. Il n’est pas spécialement d’accord pour échanger un infarctus contre un cancer, une destruction des muscles ou des reins. Les scientifiques qui se focalisent sur la mortalité cardiovasculaire sont « myopes », et ceux qui prennent en compte des critères subjectifs et n’influant pas sur la mortalité prennent le risque de vouloir soigner « la paille dans l’œil », oubliant la poutre.

En France, Michel de Lorgeril et Philippe Even ont mis cette myopie en exergue. Dans le monde, d’autres l’ont fait bien avant eux, sans que la communauté médicale (ou scientifique) réalise son erreur de focalisation. J’irai même jusqu’à dire que l’industrie Pharma a appris de ses échecs et qu’elle a vite compris qu’il fallait soit frauder (truquer les données des essais, qui lui appartiennent et qu’elle ne veut pas communiquer) ou changer le critère principal de manière à écarter la mortalité totale.
Mais le clofibrate, provoquant calculs biliaires et anomalies hépatiques, fut aussi retiré du marché, malgré que le marketing ait clamé son innocuité et sa bonne tolérance juste avant. Reprenons le titre d’un article du New York Times de décembre 1980 : « Miracle' Drug Discredited; Health System Is Faulted; »


On voit bien que les scandales comme le MEDIATOR, le VIOXX ou la cérivastatine ne sont pas nouveaux. Le système sanitaire a failli de nombreuses fois et toujours pour les mêmes raisons.


Ce texte est tiré en partie de la traduction du livre « Prescribing by Numbers  - Drugs and the Definition of Disease», de Jeremy A. GREENE, du département d’Histoire d’Harvard, spécialisé en pharmaco-économie et Pharmaco-épidémiologie. Ce livre a pour sujet l’interaction entre un médicament et la définition d’une maladie dont les limites n’ont pas cessé de changer. C’est donc un texte historique, pour aborder l’histoire commerciale des statines et montrer le lien avec leur histoire scientifique. Cela permet aussi d’identifier les acteurs en présence.