Affichage des articles dont le libellé est pravastatine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est pravastatine. Afficher tous les articles

vendredi 19 avril 2013

Toxicité des statines : COMPARAISON

Grâce aux bases de données américaines, on peut accéder à la fréquence des effets indésirables et classer les statines en fonction de leur toxicité.




C'est ce que font plusieurs scientifiques, dans une analyse datant d’août 2012.


Leur conclusion :
Plus une statine est puissante et plus elle est dangereuse.
 [Exception faite de la fluvastatine, dangereuse malgré sa puissante moindre]

Résultats :
Les taux de risque relatif de la rosuvastatine (CRESTOR°) étaient systématiquement plus élevés que les autres statines.
L'atorvastatine et la simvastatine ont montré des risques intermédiaires, tandis que la pravastatine et la lovastatine ont semblé amener le moins de risques.
Le risque relatif d'événements indésirables musculaires suit à peu près  la puissance d’abaissement du LDL, avec une exception apparente : la fluvastatine.
En intégrant toutes les catégories d'événements indésirables musculaires, les taux pour l'atorvastatine, la simvastatine, la pravastatine et la lovastatine étaient, respectivement de 55%, 26%, 17%, et de 7,5% de la rosuvastatine, suivant à peu près la puissance du dosage et en cohérence avec les conclusions d'autres études.
La puissance semble donc être un facteur prédictif fondamental d’événements indésirables musculaires, avec l’exception apparente de la fluvastatine, la moins bonne des statines  au rapport Puissance / Risques (74% des risques de la Rosuvastatine).

Classement décroissant, de la plus dangereuse à la moins dangereuse :
Rosuva> Fluva > Atorva> Simva> Prava

A Survey of the FDA's AERS Database Regarding Muscleand Tendon Adverse Events Linked to the Statin Drug Class

On sait maintenant que la toxicité des statines augmente en fonction de leur dosage, de leur puissance et de leur lipophilie. 
Toutes les statines lipophiles sont métabolisées par le cytochrome P4501 3A4 (CYP3A4).
Cela implique des interactions médicamenteuses multiples, car ce cytochrome P450 est utilisé aussi par de nombreux autres médicaments.

Rhabdomyolyses :
Comparons la toxicité de la simvastatine en observant sa capacité à provoquer des rhabdomyolyses. Cet effet indésirable majeur est la destruction des muscles qui entraine une insuffisance rénale. Le patient meurt avec les reins encombrés par les protéines de ses muscles détruits.
La simvastatine 80 mg provoque 1,6% de rhabdomyolyses alors que le dosage 20 mg n'en provoque que 0,1%.
Multiplier le dosage par 4 multiplie donc les effets secondaire mortels par 16 (+ 1500%).

Intensive lowering of LDL cholesterol with 80 mg versus 20 mg simvastatin daily in 12,064 survivors of myocardial infarction: a double-blind randomised trial. The Study of the Effectiveness of Additional Reductions in Cholesterol and Homocysteine (SEARCH) Collaborative Group.

Multiplier le dosage par 4 augmente aussi les myopathies par un facteur 30 à 52.
[ "Compared with two (0·03%) cases of myopathy in patients taking 20 mg simvastatin daily, there were 53 (0·9%) cases in the 80 mg group."]
 [" 52 patients in the 80-mg group (0.9%) but in only 1 patient in the 20-mg group (0.02%)"]

A noter qu'augmenter le dosage par 4 n'a pas changé significativement le nombre d'événements cardiovasculaires majeurs (donc AUCUN avantage à prendre une statine fortement dosée).
[ "(relative risk, 0.94; 95% confidence interval, 0.88 to 1.01; P=0.10)" ]

samedi 13 avril 2013

Thérapie intensive avec des statines : DANGER



 Les essais décrits ici ne sont pas là pour obtenir une AMM et faire avancer la science et la médecine. Ce sont des essais commerciaux, en fort contexte de guerre pour  obtenir la prescription d'une nouvelle statine ou d'une forte dose d'une ancienne (forte dose = plus chère).

A to Z (2004) : simva 40-80 vs placebo simva 20 : un essai compliqué, mal fait, biscornu, qui montre que le traitement intensif n'a que des désavantages. Du pur marketing de MERCK.
IDEAL (2005) : atorvastatine 80 vs simva 20 : traitement intensif = négatif

PROVE IT + A to Z (2007) : un papier charlatanesque, de la désinformation. Tout est donné en pourcentages. PROVE IT est agrégé avec A to Z. Du pur marketing.
De qui se moque- t-on?

MIRACL (2007) : atorva 80 contre placebo: étude négative sur infarctus et mortalité. L’hospitalisation n’est pas un critère sérieux dans un essai clinique normal.
Mais ici, on est dans du charlatanisme commercial, donc ça passe.



TNT(2005) : atorva 80 vs atorva 10 
Cet essai TNT montre un critère primaire composite positif. Sans surprise.
Mais...
Il montre aussi une absence de bénéfice sur les mortalités, totale et cardiaque.

En réalité, il y a eu 31 morts de plus de causes non cardiovasculaires dans le groupe Atorva 80.
Cela représente 25% de chances de mourir en plus, et ce chiffre est presque significatif (P=0,06), ce qui est un signal d'alarme inquiétant (page 1431 du rapport).

La mortalité coronaire/cardiaque (coronary death) est réduite de manière Non Significative.
Cela signifie que les résultats sont très proches et peuvent être dus au hasard.
Néanmoins, il y a 26 morts cardiaques de moins dans le groupe Atorva 80 mg.

Mais cela ne compense pas les 31 morts de plus, d'autres causes.
Aussi, la mortalité totale est inchangée (et en défaveur de l'Atorva 80 mg, même si c'est non significatif car P=0,09 et IC = [0,85 ; 1,19] ).
Vous avez entre -15% et +19% de chances de mourir. Drôle de loterie...
L'atorva 80 mg a tué plus que l'atorva 10 mg, si on compte les vies humaines.

Les AVC sont diminués mais les hémorragies cérébrales ont été autant abaissées qu’augmentées (de -60% à +60%).
Les myopathies sont multipliées par un facteur 6,68 (c'est-à-dire + 568% de myopathies, selon leur méthode marketing qui grossit les chiffres).
Et il y a une augmentation de 36% des effets indésirables (si on donne les chiffres avec leur arnaque marketing et 2,3% si on utilise la valeur absolue).
On a observé 5 rhabdomyolyses (on n'en voyait jamais avant...) dans cet essai, malgré que les patients soient triés sur le volet et très surveillés.

Myopathie et effets indésirables sont deux événements qui poussent le patient à arrêter le traitement, donc réduit l’observance.
Voilà pourquoi la thérapie intensive n’est pas efficace


Malgré cela, la volonté des labos d’améliorer leurs bénéfices a été la plus forte sur les données de la science et le marketing a imposé l’atorvastatine face à la simva et à la prava.

Par exemple, un porte-parole de l'atorvastatine (PFIZER) fut le professeur Steven NISSEN.
Ce "grand nom" de la cardiologie a été employé dans plusieurs des essais qui ont tenté de vendre le concept que "la plus grosse dose de statines est la mieux".
Il est maintenant payé par AstraZeneca, pour vendre du CRESTOR°.


Depuis longtemps, en France ou ailleurs, des médecins prescrivent selon la pression du marketing et l'influence des "leaders d'opinion".


Voir aussi : "Toxicité des statines : COMPARAISON"

Agressive Therapy Is Not Always The Best Therapy (2008, JACC)