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vendredi 11 avril 2014

Scandale des statines : toxiques et inefficaces

De nombreux articles ont traité de la faible efficacité des statines mais de plus en plus d'articles soulignent leur toxicité, sous-estimée pendant plus de 30 ans.

J'avais déjà proposé une comparaison de la toxicité des statines en avril 2013.

La revue MINERVA revient sur ce thème et propose différentes études de leur toxicité.

Statines : effets musculosquelettiques indésirables

Minerva Online  2014-04-15
Conclusion Minerva :
Différentes études d’observation identifient un risque non rare de douleurs musculosquelettiques sous statines, douleurs qui peuvent nuire à l’observance du traitement. Une différence entre statines est observée dans deux études. Une toxicité musculaire semble bien être liée à la puissance de la statine pour diminuer le LDL-cholestérol.
Analyse de :
Mansi I, Frei CR, Pugh MJ, et al. Statins and musculoskeletal conditions, arthropathies, and injuries. JAMA Intern Med 2013;173:1-10.

Ce qui est intéressant, c'est que les médecins français (sous influence des labos et des recommandations...) ont toujours prescrits les statines les plus chères et les plus dangereuses : atorvastatine (TAHOR° quand il n'était pas génériqué) et maintenant l'horrible CRESTOR°, la plus dangereuse et la plus chère des statines (rosuvastatine).

J'ai déjà analysé ces deux molécules dans d'autres articles :

Le scandale du CRESTOR° (rosuvastatine)

Analyse critique de l'atorvastatine (TAHOR°)

 

Notons qu'il y a aussi une molécule que nos chers médecins sous influence aiment prescrire : INEGY (ézétimibe + simvastatine) ou EZETROL (ézétimibe).

Le dogme derrière cette prescription est qu'il faut baisser encore plus le "cholestérol", si une statine seule n'y suffit pas : c'est le fameux "the lower, the better", qui a déjà 20 ans d'âge. Un dogme faux, vieux et dangereux pour les patients français.

J'ai écrit un article à ce sujet :

Le scandale de l'ézétimibe : EZETROL° ou INEGY° 

J'ai également eu la chance de participer au colloque "Surmédicalisation en 2013, à la faculté de Bobigny.

J'ai alors exposé les scandales du CRESTOR ° et de l'ézétimibe.

Meilleure efficience dans la prescription de 2 anti-cholestérol


Récemment, le professeur Philippe EVEN a donné un long interview à LaNutrition.fr

Il a notamment fait un résumé génial des 10 arguments, dans le scandale des statines.

1. Le cholestérol est le même chez les sujets qui font un infarctus du myocarde que chez ceux qui n’en font pas… Et cela semble n’étonner personne !

2. L’infarctus est particulièrement fréquent chez les aborigènes d’Australie et les nomades du Sahel, qui ont un cholestérol moyen d’ 1,50g.

3. Entre 1,5 et 2,7 g/l de cholestérol, il n’y a aucune augmentation de la mortalité coronaire, qui ne commence à s’élever qu’au-delà de 2,7 et surtout 3g/l (mais corrélation n’est pas causalité. La grippe et l’importation des bananes s’accroissent en hiver). Mais en utilisant les logarithmes, on transforme cette courbe, dite en « crosse de hockey » ou en « J allongé », en une droite régulièrement ascendante d’1,5 à 3 g. Il s’agit là d’un pur trucage statistique, réalisé à dessein, qui fait rire tous ceux qui connaissent la statistique. Un trucage simpliste, qui saute aux yeux et qui n’aurait de validité que si nous traitions des logarithmes de malades avec des logarithmes de statines.

4. Les plaques d’athérome ne sont pas des dépôts de cholestérol, mais des cicatrices inflammatoires chronicisées chez certains, pour des raisons génétiques et dues aux chocs de pression sur les courbures et bifurcations artérielles. Le cholestérol ne fait que transporter dans les macrophages les acides gras qui leur apportent l’énergie nécessaire à la réaction inflammatoire. Les cardiologues sont à côté de la plaque.

5. Personne n’est parvenu à créer des plaques d’athérome chez l’animal (30 références), même en perfusant du cholestérol pendant des semaines pour atteindre un taux sanguin 8 fois supérieur à la normale. On n’obtient alors que des dépôts de "cholestérol", diffus dans tous les tissus, peau, œil, tendons, veines, foie, muscles… et même artères. Rien de commun avec l’athérome, mais ça ressemble aux formes graves d’hypercholestérolémie familiale, qui est une maladie génétique tout à fait à part, sans rapport avec l’athérome.

6. Les 70 essais cliniques des statines financés de 1994 à 2008 par l’industrie pharmaceutique (il m’a fallu 15 heures de travail pour analyser chacun d’entre eux) sont tous délibérément et lourdement falsifiés –  je ne dis pas biaisés, je dis falsifiés – à tous les niveaux :
- Exclusion de 80% des patients pour éviter les risques d’effets secondaires et fabriquer des patients « idéaux » (mais les résultats seront extrapolés à 100% de populations non sélectionnées).
- Double aveugle non respecté.
- Contrôle des patients tous les 6 mois seulement.
- Arrêt des statines par les patients dans 25% des cas.
- Prise de statines par le groupe placebo dans 15% des cas.
- 25% des patients perdus de vue.
- Critères d’évaluation multiples, chevauchants, subjectifs ou objectifs, souvent combinés de diverses façons, de telle sorte que quand le critère est cliniquement signifiant, il n’est pas statistiquement significatif et n’est significatif que quand il n’a pas de signifiance clinique.
- Résultats présentés sous forme de réduction relative et non de réduction absolue et sans évaluer le nombre de malades à traiter pour éviter un accident. Ainsi annonce-t-on 20% de réduction relative de la mortalité (exemple 80 vs 100) en 5 ans, sans dire que la réduction absolue par rapport au nombre de malades traités est de 20/2.000, soit 1% en 5 ans, soit 0,2% par an, soit 99,8% d’échecs, obligeant à traiter 500 malades pour écarter 1 accident par an ou 100 pour éviter 1 accident tous les 5 ans.

7. Malgré ces multiples biais, 82% des essais ne montrent aucun effet sur la mortalité coronaire et les accidents vasculaires cérébraux et 60% aucun effet sur les accidents cardiovasculaires, majeurs ou non.

8. En outre, ces effets soi-disant significatifs sont extraordinairement minuscules : sur 100.000 malades traités comparés à 100.000 non traités, 150 morts auraient été évités après 5 ans de traitement, soit 0,15%  des patients, obligeant à traiter plus de 600 malades pour écarter un décès par an, soit à 1.000 €/an  (médicaments, consultations, examens biologiques et d’imagerie, etc.), 600.000 € par décès soi-disant évité. Des résultats si minuscules qu’ils ont suscité un article quasi humoristique dans le British Journal of Medicine du 17 décembre 2013, montrant que les statines sont juste aussi efficaces qu’une pomme croquée chaque matin, mais avec plus de complications (l’étude, très sérieuse, porte sur 10 millions d’Anglais suivis 20 ans).

9. Même ces résultats infra-minuscules ne sont pas crédibles, car depuis 20 ans que les statines sont sur le marché, aucune diminution de la mortalité coronaire n’a pu leur être attribuée, leur effet éventuel s’effaçant derrière celui des antihypertenseurs, des antidiabétiques, de la lutte contre l’obésité et le tabac, et ceux de la prise en charge des infarctus du myocarde dans les 2 heures, dans les unités de réanimation.

10. Concernant les complications, il y a encore un livre à écrire. Elles ne sont en aucune façon anodines. Les essais cliniques de l’industrie, qui y consacrent …3% de la longueur des articles et qui ont tout fait pour écarter au préalable les patients à risque, ont dû pourtant stopper les études à cause des effets secondaires chez 10 à 15% des patients (complications musculaires, tendineuses, cutanées, neurologiques, psychologiques, sexuelles et nouveaux diabètes).

 

 

lundi 10 mars 2014

PFIZER veut écouler son TAHOR en vente libre

Aux Etats-Unis, Pfizer souhaite vendre l’atorvastine, Lipitor, sans ordonnance.

 

En France, le LIPITOR° s'appelle TAHOR° . C'est l'atorvastatine.

Voir mon article : Analyse critique de l'atorvastatine (TAHOR°) qui montre l'absence de données cliniques pour obtenir l'AMM.

 

Après l'effondrement des ventes, PFIZER veut récupérer un milliard de dollars sur le dos des patients.

En 2006, PFIZER vendait pour 13 milliards de sa statine, grâce à un marketing omniprésent.

C'est l'une des plus belles réussites financières mondiales et un désastre pour les pauvres patients qui ont pris cette molécule toxique.

 

PFIZER désire donc que ce médicament soit en vente libre (OTC : Over The Counter), comme si c'était un simple sirop pour la toux.

Les gens ignorent que c'est un médicament puissant, toxique, avec de nombreux effets indésirables. C'est un médicament qui interagit avec de nombreux autres, par la voie du Cytochrome P450.

C'est un médicament qui peut causer des malformations terribles sur les fœtus. Si jamais une femme qui est enceinte sous le savoir (ça arrive pour les 1ers mois), elle risque de soumettre son bébé à ce produit dangereux qui affecte le système nerveux du fœtus.

2011 : LE POTENTIEL DE TERATOGENICITE DES STATINES ET FIBRATES

Les statines (inhibiteurs de l’HMG-CoA réductase) appartiennent à la catégorie de grossesse X et sont donc formellement contre-indiqués durant toute la période de gestation et chez les patientes en âge de procréer lorsqu’une contraception n’est pas garantie : les statines lipophiles comme la simvastatine (Zocor et génériques) et l’atorvastatine (Tahor) présentent un risque tératogène bien documenté chez l’humain en raison d’un passage materno-fœtal accru. 
Plusieurs cas de malformations sévères multiples ont été rapportés comme l’holoprosencéphalie, l’hypoplasie du tube digestif et de l’appareil respiratoire : des cas d’aplasie des membres et des corps vertébraux ont été aussi rapportés.
Edison RJ, Muenke M. Central nervous system and limb anomalies in case reports of first-trimester statin exposure. N Engl J Med 2004;350:1579-82.

Edison RJ, Muenke M. Mechanistic and epidemiologic considerations in the evaluation of adverse birth outcomes following gestational exposure to statins. 
Am J Med Genet 2004;131:287-98

Cas de  malformations congénitales majeures

J'espère que tous les médecins connaissent ce risque gravissime pour une femme en âge de procréer.

Il y a de quoi douter, puisque de nombreux médecins français ne connaissent même pas tous les effets nocifs des statines.

En France, les diabètes causés par les statines ne sont même pas indiqués sur les notices.


Voir aussi :

Toxicité des statines : COMPARAISON

Thérapie intensive avec des statines : DANGER 

 

 

 

mardi 14 janvier 2014

Doit-on freiner les mensonges de l'industrie ?

Cette question un peu provocatrice n'est pas la mienne. Elle vient d'un journal très sérieux : le British Medical Journal (BMJ).

Le BMJ pose cette question :


Est-ce qu'il faut que les journaux arrêtent de publier la recherche financée par l'industrie pharmaceutique ?

Cette question parait innocente ou naïve.
En effet, la recherche est essentiellement financée par l'industrie Pharma.
On appelle BIG PHARMA, les plus grandes entreprises pharmaceutiques mondiales.


On sait que BIG PHARMA
  • commande la recherche qui lui plait et ne finance que la recherche qui l'intéresse, 
  • paie grassement les médecins pour qu'ils recrutent des patients, 
  • paie grassement des médecins pour qu'ils signent des articles favorables,
  • faire écrire ces articles par ses employés (qu'on appelle Ghost Writers),
  • cache des données vitales, entrainant plus de 100 000 morts dans le passé,
  • ne publie pas la recherche (qui a abouti) mais qui ne lui plait pas,
  • modifie les rapports d'études pour que ça soit favorable au marketing
  • cache les données des études cliniques aux médecins et aux scientifiques,
  • est une industrie qui survit grâce aux mensonges et à la propagande
  • s'appuie sur des médecins médiatiques pour diffuser son marketing trompeur

Ainsi, selon les plus grands experts mondiaux, plus de 50% de la recherche (jusqu'à 85%) est gaspillée, détournée, corrompue, faussée, etc...

Voir l'article : LANCET - La recherche médicale en danger


Et n'oubliez pas de VOTER : http://www.bmj.com/content/348/bmj.g171



mardi 16 avril 2013

Un appel à l'action sur le DISEASE MONGERING

La déclaration ci-dessous a été marquée par de nombreux contributeurs et discuté lors de «Maladie à vendre, 2013: Les personnes avant les profits» à Washington, DC, En Février, 2013.

Nous nous réunissons en tant que chercheurs, professionnels de la santé, militants,  avocats, patients, soignants et citoyens profondément troublée par la corruption grandissante de la science médicale et du système de santé .
Nous exigeons la fin de la promotion du "disease mongering" par l'industrie qui manipule des problèmes de santé et causent des dommages  par des pratiques qui médicalisent la vie normale et trompent les professionnels et le grand public.

 A cause d'impératifs commerciaux, on a autorisé la corruption de la clinique et de la recherche et des pratiques commerciales qui incluent maintenant : dissimulations de données, inflation des catégories de diagnostic, dépistage et traitements inutiles,  commercialisation trompeuse, recherche erronée,  édition biaisée, supervision inadéquate de la recherche, négligence des facteurs sociaux et des injustices sociales, et rapports biaisés et complaisants.

Nous sommes alarmés par la façon dont les études supérieures de formation professionnelle sont basées sur  une "science" indigne de confiance, destinée à élargir les marchés au lieu de transmettre des connaissances valides ou d'à améliorer la santé individuelle ou publique.
Des pratiques dangereuses et la distorsion de la science mettent en danger les patients, gaspillent les ressources publiques, créent la maladie et l'angoisse de la santé, trompent le public, corrompent la connaissance, corrodent le professionnalisme, et exposent tout le monde à des examens inutiles et à des traitements coûteux et dangereux.
Reconnaissant que nous allons tous adopter cet engagement différemment, nous apportons notre soutien à un nouveau mouvement d'alliances et de mesures visant à s'assurer que :
  • un pare-feu transparent soit créé entre l'industrie et l'influence commerciale, d'une part, et les organismes de réglementation des médicaments, ainsi que les développeurs et les auteurs des guides de pratique clinique d'autre part;
  • la publicité directe aux consommateurs des médicaments d'ordonnance et des dispositifs médicaux soit beaucoup plus étroitement réglementé ou, si possible, soit interdite et que des programmes de surveillance efficaces soient créés;
  • les médicaments, les tests de diagnostic et les dispositifs soient testés, approuvés, notifiés et commercialisés uniquement dans le but d'assurer la sécurité des patients, l'intégrité scientifique et la santé individuelle et publique;
  • les médicaments et les dispositifs soient testés contre les contrôles appropriés, habituellement le meilleur traitement actuel, dans les populations appropriées;
  • les produits commercialisés dangereux ou inefficaces soient rapidement identifiés, leurs inconvénients et insuffisances soient largement diffusés, et qu'ils soient retirés de la circulation;
  • tous les essais cliniques soient enregistrés et que l'accès à toutes les données brutes des essais cliniques soit mise à disposition pour des analyses indépendantes au moins au moment de l'approbation, mais de préférence avant l'approbation;
  • le système des brevets pour les médicaments soit réformé afin que l'avantage commercial ne soit pas supérieur à de réels avantages cliniques pour les patients;
  • les patients et les consommateurs de soins de santé soient pleinement informés et impliqués dans les décisions de santé individuels, ainsi que dans les priorités de la recherche, de la conception de la recherche et de la politique réglementaire;
  • des sujets humains participant à des essais cliniques soient suffisamment protégés par les commissions d'éthique qui fonctionnent correctement, par un consentement éclairé exact et complet, et la fourniture d'une indemnisation intégrale pour toutes les préjudices;
  • les journalistes, dont le travail devrait être d'analyser les allégations de manière indépendante, réalisent le mal qui est fait lorsque des reportages diffusent le "disease mongering" et des messages de promotion, de manière non vérifiée et incontestée;
  • les réglementation des soins de santé, de formation professionnel de la santé, et les lignes directrices de pratique clinique sachent reconnaître et tenir compte des groupes marginalisés et vulnérables qui peuvent être plus sensibles aux effets nocifs et à l'exploitation;
  • les traitements et les thérapies moins rentables (généralement non pharmaceutiques), ainsi que la prévention des maladies et des interventions centrées sur des communautés, soient élevés dans les priorités de la recherche et de l'édition à des niveaux comparables aux thérapies médicamenteuses.
Ces réformes amélioreront considérablement la santé publique et de la sécurité dans un monde complexe de l'escalade des technologies et des moyens de communication, et économiseront de l'argent, réduisant ainsi la pression sur les budgets individuels et les programmes publics et privés d'assurance-maladie.
Nous croyons que la menace urgente du "disease mongering" pour la santé humaine nécessite l'action unie et créative des citoyens et des professionnels.
Nous nous engageons à agir, individuellement et collectivement, de distribuer et de mettre en œuvre les mesures décrites dans cette déclaration et encourager la poursuite de sensibilisation à d'autres intéressés.
S'IL VOUS PLAÎT SIGNER CI-DESSOUS POUR INDIQUER VOTRE ACCEPTATION DE LA DÉCLARATION ET REJOIGNEZ NOTRE MOUVEMENT MONDIAL

http://sellingsickness.com/final-statement/ 


Pour un livre français récent, qui décrit en détail un exemple de "disease mongering", voir le dernier livre de Thierry SOUCCAR : "Le mythe de l'ostéoporose".
 

lundi 15 avril 2013

Le scandale du CRESTOR° (rosuvastatine)

Il existe de nombreux médicaments qui sont sur le marché SANS PREUVE scientifique. Parmi les anti-LDL, il y a l'ézétimibe et la rosuvastatine.
Analysons le cas du CRESTOR° (ou rosuvastatine).
Une statine à dé-rembourser d'urgence. Le CRESTOR serait-il un futur MEDIATOR?

Comme d'habitude, nos "experts" vont prescrire la statine la plus chère, la plus dangereuse, la plus récente et la moins éprouvée.
Ils nous ont déjà fait le coup avec les anti-hypertenseurs et plus récemment avec les pilules 3G et 4G.

Le site PUPPEM (Pour Une Prescription Plus Efficiente du Médicament) montre que les prescriptions des médecins concernent toujours les médicaments les plus récents. La majorité des médecins ne suivent pas les preuves de la science : ces médecins suivent d'abord le marketing des labos.

De nombreux articles analysent ce que je viens de dire. C'est une triste réalité, documentée et décrite dans des articles publiés (voir les sources).

Je voudrais aborder le cas du CRESTOR° (rosuvastatine).
Que nous dit la HAS (Haute Autorité de Santé) au sujet de cette molécule ?
Son avis de 2003 ne reposait sur aucune preuve.
Consulter son avis de novembre 2003.


Voyons maintenant son avis du PREMIER AVRIL 2009.
(ce n'est pas une blague... quoique...)

Déjà, cet avis nous explique que ce médicament n'apporte rien de nouveau sur le marché des statines, déjà bien encombré : " La spécialité CRESTOR n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V) par rapport aux autres statines."

3.2. Médicaments de même classe pharmaco-thérapeutique
Ce sont tous les autres inhibiteurs de l’HMG-CoA reductase indiqués dans les
hypercholestérolémies pures ou mixtes (indication biologique) :
- atorvastatine : TAHOR
- fluvastatine : FRACTAL/LESCOL
- pravastatine : ELISOR/VASTEN et leurs génériques
- simvastatine : LODALES / ZOCOR 
3.3. Médicaments à même visée thérapeutique
Ce sont tous les autres médicaments hypolipémiants :
- acide nicotinique : NIASPAN,
- cholestyramine : QUESTRAN,
- ézétimibe : EZETROL (autre molécule inutile),
- fénofibrate : LIPANTHYL et ses génériques

La HAS nous rappelle qu'il y a déjà 11 médicaments princeps (ainsi que de nombreux génériques) sur le marché, pour traiter le même "problème".
On voit alors apparaître au passage le nom de l'autre molécule scandaleusement autorisée : l'ézétimibe (dont je parlerai dans un autre article).

Voyons maintenant sur quoi repose l'efficacité du CRESTOR°.
La HAS nous dit qu'il y a 12 études qui ont permis cette évaluation.

Frisant le ridicule, six études "scientifique" misent sur le marketing spatial : Polaris, Comets, Centaurus, Pulsar, Explorer, Discovery
Mais en regardant de plus près, on voit que 6 études et une méta-analyse (une étude de plusieurs études) ont juste analysé le CRESTOR° en termes d'atteintes d'objectifs de LDL.
Comme ces objectifs sont faux et n'ont que valeur d'avis d'experts (sous influence), voilà déjà 7 études sans intérêt dans le rôle d'apporter une preuve d'efficacité pour un patient.
Expliquons : le patient ne s'intéresse au niveau d'un critère biologique. Il ne ressent aucune différence que son cholestérol soit à 2,6 ou à 2,1.
Il n'a aucun symptôme : sa vie est la même.

Les 2 études suivantes reposent sur des critères de substitution (surrogate endpoints) : volume d'athérome et épaisseur d'intima média (EIM) dans l'étude METEOR (2007).
Pourquoi cela n'a aucun intérêt pour le patient ?
Car, une fois de plus, il s'agit d'une substitution douteuse. On ne veut pas savoir si telle plaque d'athérosclérose fait X microns ou Y microns. Ce que veut le patient c'est être en bonne santé.

L'athérosclérose n'est pas l'infarctus ou l'AVC. On peut avoir une plaque mince et fragile, avec un faible volume donc, et qui va se fissurer et provoquer un accident.
Et on peut avoir une plaque épaisse, mais stable et qui restera asymptomatique toute la vie du patient (qui vivra vieux et enterrera son cardiologue stressé).
La rosuvastatine affaiblit peut-être les plaques en les amincissant ? Qui sait ?

Ses paramètres peuvent être intéressants pour le recherche médicale, pour élaborer des modèles prédictifs de rupture de plaques, pour enrichir notre connaissance anatomo-pathologique, mais pas pour répondre aux inquiétudes d'un patient.

Sur les 12 études, on peut donc déjà écarter 9 études.

Analysons maintenant les 3 études qu'il reste.

L'analyse de la HAS est simple : les études CORONA (2007) et GISSI-HF (2008) n'ont montré aucune différence de morbi-mortalité chez les patients étudiés. Et ces études ont eu lieu dans des pays européens, pour une fois.


L'étude CORONA (2007) montre une tendance à l'excès de diabètes, dans un sous-groupe. On observe une tendance de +13% à la découverte de diabètes.

On découvre aussi une tendance à l'augmentation de l'Infarctus du Myocarde Fatal (Fatal M I). Le chiffre moyen est de +66% [0,73 ; 3,78]. Le CRESTOR° pourrait donc baisser la mort par infarctus de 27% ou bien conduire à une augmentation de la mort par infarctus de + 278 %.

 L'effet sur l'AVC est incertain. On observe des tendances (Non Significatives) à la baisse des AVC non mortels (-15%) et à la hausse des AVC mortels (+9%).

La mortalité cardiovasculaire est inchangée : il y a EXACTEMENT le même nombre de morts dans le groupe "Crestor°" que dans le groupe "placebo".
Quel échec retentissant !
Comment justifier la prise d'une statine alors qu'elle est incapable de modifier ce risque là ?


L'autre étude, GISSI-HF (2008), est intéressante aussi, car elle a été étudiée chez des italiens, une population plus proche de nous, au niveau géographique et comportementale, que des japonaises ou des finlandais.

Cette étude montre une tendance à l'excès de cancers (+ 6 morts), à l'excès d'AVC (+16 AVC dont +9 morts par AVC) et à l'excès de mortalité non cardiovasculaire (+ 20 morts).
Quel gâchis...
Des patients italiens ont payé de leur vie pour un dogme, qui est maintenu en place depuis des années par un marketing honteux et dévastateur.


L'étude JUPITER (2008).
A tout seigneur, tout honneur. Voilà l'étude la plus scandaleuse, montrant à quel point nos instances sanitaires sont influencées par certains labos Pharma.
Incompétence ou corruption ? A vous de choisir.

Cette étude a été dirigée par Paul RIDKER, dont les conflits d'intérêts nombreux sont accompagnés d'une prise de bénéfices directe. Ce monsieur gagne de l'argent avec la crédulité des médecins et des patients, puisque chaque test de la CRP ultra-sensible lui permet d'empocher. Chapeau à ce prodige de la finance et du commerce.

L'étude JUPITER est un essai raté, décapité, avorté.
Dans un monde normal, avec de vrais scientifiques sérieux, on n'en parlerait plus.
Mais dans notre monde de marketing, la molécule étudiée (le CRESTOR°) rapporte trop d'argent pour qu'on la laisse de côté.
Elle est donc devenue la statine N°1 en France, preuve supplémentaire du degré de corruption et d'incompétence dangereuse des leader d'opinion français en cardiologie.

 Le CRESTOR serait un peu un MEDIATOR à venir, même si tout n'est pas comparable entre les deux affaires.
Dans l'histoire des statines, on a affaire à une stratégie mondiale de marketing, qui dépasse largement le cadre d'un laboratoire national comme Servier.
Le niveau de scandale est équivalent, bien que différent.

Cet essai est si scandaleux que Michel de LORGERIL a consacré de longs et nombreux articles, à la fois sur son blog, dans son dernier livre ("Cholestérol, mensonges et propagande" version 2013) et surtout dans un article scientifique, publié par une équipe de scientifiques : "Cholesterol lowering, cardiovascular diseases, and the rosuvastatin-JUPITER controversy: a critical reappraisal."
En 2012, il a également été invité  à Los Angeles par la AHA (American Heart Association) à et laisse à disposition un excellent diaporama qui explique point par point les défauts de JUPITER.

 La communauté scientifique mondiale pourrait donc avoir accès aux données et réagir, mais le dogme des statines est si ancré que la marche arrière sera difficile.


En conclusion :

Pour cette molécule, le marketing est basé sur des noms de planètes ou des mots ayant trait à l'espace (Polaris, Comets, Centaurus, Pulsar, Explorer, Discovery, Jupiter, Meteor, Astronomer, Asteroid, etc.). Grosse ficelle marketing...
Nous avons donc une molécule chère, toxique, inutile, inefficace, et cela est prouvé par de nombreux essais négatifs.
Malgré cela, des agences sanitaires autorisent cette molécule inefficace, chère et dangereuse.
Que dire alors de notre système sanitaire ?
Que dire alors des cardiologues qui prescrivent MASSIVEMENT cette molécule dangereuse et inefficace à des patients fragiles ?
Que dire des sociétés savantes qui n'arrivent pas à être indépendantes et à dénoncer ce scandale ?

Que dire de l'état de la science en 2013, quand le marketing s'impose face aux données de la science ?    


Sources :

2010 : Journal of American Medical Association : Cholesterol lowering, cardiovascular diseases, and the rosuvastatin-JUPITER controversy: a critical reappraisal

2010 : ASTRONOMER : rosuvastatine 40 mg : échec
 
2009 : AURORA : rosuvastatine 10 mg : échec


2008 : JUPITER : échec

2008 : GISSI-HF : échec (Upjohn, Sigma-Tau, Astra-Zeneca)
( "Rosuvastatin 10 mg daily did not affect clinical outcomes in patients with chronic heart failure of any cause") 

2007 : CORONA : échec (AstraZeneca)

2007 :   étude de KRUM : échec
( "... high-dose rosuvastatin did not beneficially alter parameters of Left Ventricular remodeling. ")

2007 : METEOR : étude de l'épaisseur intima média (EIM) des carotides : échec
(citation :  "Rosuvastatin did not induce disease regression.") 

2011 : Lobbies pharmaceutiques : affronter l'intimidation. Revue PRESCRIRE


2006 : Attention aux effets indésirables de la rosuvastatine. Revue PRESCRIRE

L'efficacité de la rosuvastatine (Crestor°) n'est pas démontrée en termes de morbimortalité, tandis qu'elle expose à une incidence accrue de diabète et à des effets indésirables rénaux et musculaires plus fréquents semble-t-il que les autres statines.
(PRESCRIRE n° 276, p. 694) (PRESCRIRE n° 304, p. 130)

Dans les pathologies cardiovasculaires, de nouveaux médicaments ont été commercialisés malgré l’absence d’intérêt démontré, ou sans efficacité en termes de réduction de la morbimortalité cardiovasculaire démontrée ou sans qu’ils aient plus d’efficacité démontrée que le traitement de référence.
Certains ont une balance bénéfices-risques incertaine (rosuvastatine, Crestor°)
(Revue PRESCRIRE 1er janvier 2011)

Profil d'effets indésirables des statines (Revue PRESCRIRE) :
Le profil d'effets indésirables des statines (simvastatine, pravastatine, etc.) est surtout constitué de :
  • troubles digestifs fréquents ;
  • céphalées, sensations vertigineuses, insomnies, visions troubles, dysgueusies ;
  • atteintes musculaires, rhabdomyolyses, tendinites ;
  • augmentations des transaminases, justifiant un bilan hépatique avant traitement et une surveillance pendant le traitement jusqu'à 1 an après la dernière augmentation de dose, rares hépatites ;
  • éruptions cutanées ;
  • diabètes avec la rosuvastatine ;
  • rares pancréatites, polyneuropathies périphériques, pneumopathies interstitielles et fibroses pulmonaires ;
  • réactions d'hypersensibilité.
Il existe un doute sur un surcroît d'insuffisances rénales avec la rosuvastatine.