mercredi 22 janvier 2014

Le Professeur EVEN attaqué, pour le museler

Des "allergologues en colère" ont déposé plainte suite à la parution du livre d'Even et Debré.
Le livre du professeur EVEN avait qualifié certains allergologues de "gourous", "charlatans" et "marchands d'illusion", indiquant que certaines de leurs pratiques ne s'appuyaient sur AUCUNE SCIENCE validée. La désensibilisation était particulièrement visée (page 315 du livre).

Les plaintes de ces allergologues, regroupés en fédération et ordres départementaux (et parfois  financés par l'industrie pharmaceutique), s'appuient sur une charte de déontologie vieillotte et liberticide.

  • L'article 31 stipule que « tout médecin doit s'abstenir, même en dehors de l'exercice de sa profession, de tout acte de nature à déconsidérer celle-ci"
=> Ce n'est pas la profession entière qui est visé, mais certains de ses membres seulement, ceux qui en ternissent l'usage selon le professeur Even.

  • l'article 56, selon lequel « les médecins doivent entretenir entre eux des rapports de bonne confraternité ».
=> Comment entretenir des rapports de confraternité avec des arnaqueurs, des menteurs, des pourris qui nuisent aux patients ?
=> Comment dénoncer des abus, si on doit être "confraternel" en permanence ?

  • Outre la mise en cause des allergologues, les deux avocats ont déploré la vigueur avec laquelle les deux professeurs avaient critiqué l'usage des médicaments de la famille des statines dans la prise en charge des problèmes de cholestérol.
=> là on comprend mieux le but de la manœuvre, qui fait suite à l'affaire EVANS Study (une étude ridicule et mal fait, qui tente d'impliquer le livre du Pr Even dans l'arrêt de statines, donc dans certaines morts, par un raisonnement excessif, fallacieux et facilement démontable).

Il y a clairement un mouvement anti-EVEN, qui vise à le gêner, à l'ennuyer, à le dénigrer.
Ses propos sur les statines gênent l'industrie Pharma. C'est évident.

L'industrie emploie la stratégie marketing habituelle, qui correspond à la règle des " 3 D"
Dénier (le problème)
Délai (retarder les analyses et les procès)
Dénigrer (ceux qui portent le mouvement adverse, l'étude qui gêne, etc..)
L'affaire MEDIATOR en est un exemple récent, et EVEN a participé aussi à cette affaire, par son rapport.

Et même si les propos d'EVEN ont été excessifs et ont blessé des allergologues, il faut quand même faire attention à ce que l'industrie ne musèle pas cet homme brillant et médiatique, qui va apporter sa pierre à l'édifice de la critique des pratiques médicales, à sa façon particulière et indépendante.
On ne pourra pas sortir de la crise sanitaire permanente, si les médecins ne comprennent pas qu'ils doivent réagir face à leur "partenaire industriel", dont l'omniprésence est devenu monopolistique.
 http://www.lemonde.fr/sante/article/2014/01/22/les-allergologues-irrites-par-le-livre-de-debre-et-even_4352097_1651302.html

 page 315 :
La désensibilisation n'est ni fondée, ni efficace, ni sans danger, ni sans contrainte, ni sans coût. Elle est seulement sans résultats. Mais elle rapporte.

Le live d'EVEN ne s'attaque pas à des médecins qui pensent bien faire. Il s'attaque à une pratique non fondée, inutile ou dangereuse.
C'est donc tout à fait en harmonie avec le titre de son livre.

mardi 14 janvier 2014

Doit-on freiner les mensonges de l'industrie ?

Cette question un peu provocatrice n'est pas la mienne. Elle vient d'un journal très sérieux : le British Medical Journal (BMJ).

Le BMJ pose cette question :


Est-ce qu'il faut que les journaux arrêtent de publier la recherche financée par l'industrie pharmaceutique ?

Cette question parait innocente ou naïve.
En effet, la recherche est essentiellement financée par l'industrie Pharma.
On appelle BIG PHARMA, les plus grandes entreprises pharmaceutiques mondiales.


On sait que BIG PHARMA
  • commande la recherche qui lui plait et ne finance que la recherche qui l'intéresse, 
  • paie grassement les médecins pour qu'ils recrutent des patients, 
  • paie grassement des médecins pour qu'ils signent des articles favorables,
  • faire écrire ces articles par ses employés (qu'on appelle Ghost Writers),
  • cache des données vitales, entrainant plus de 100 000 morts dans le passé,
  • ne publie pas la recherche (qui a abouti) mais qui ne lui plait pas,
  • modifie les rapports d'études pour que ça soit favorable au marketing
  • cache les données des études cliniques aux médecins et aux scientifiques,
  • est une industrie qui survit grâce aux mensonges et à la propagande
  • s'appuie sur des médecins médiatiques pour diffuser son marketing trompeur

Ainsi, selon les plus grands experts mondiaux, plus de 50% de la recherche (jusqu'à 85%) est gaspillée, détournée, corrompue, faussée, etc...

Voir l'article : LANCET - La recherche médicale en danger


Et n'oubliez pas de VOTER : http://www.bmj.com/content/348/bmj.g171



lundi 13 janvier 2014

The LANCET - La recherche médicale en danger

Selon 5 articles du LANCET, la recherche biomédicale est gâchée, car dès le départ, on part sur de mauvaises pistes, on fait un protocole foireux qu’on ne respecte même pas, on biaise les résultats qu’on ne communique pas et on ne publie pas ce qui gêne.

Ainsi, tous les auteurs confirment les propos de Michel De Lorgeril, de Philippe EVEN ou d'autres qui disaient cela depuis des années.

Mais maintenant, qui oserait dire qu’ils sont isolés et qu’ils voient le mal partout ?
http://www.thelancet.com/series/research

How to increase value and reduce waste when research priorities are set
Iain Chalmers, Michael B Bracken, Ben Djulbegovic, Silvio Garattini, Jonathan Grant, A Metin Gülmezoglu, David W Howells, John P A Ioannidis, Sandy Oliver

Increasing value and reducing waste in research design, conduct, and analysis
John P A Ioannidis, Sander Greenland, Mark A Hlatky, Muin J Khoury, Malcolm R Macleod, David Moher, Kenneth F Schulz, Robert Tibshirani

Increasing value and reducing waste in biomedical research regulation and management
Rustam Al-Shahi Salman, Elaine Beller, Jonathan Kagan, Elina Hemminki, Robert S Phillips, Julian Savulescu, Malcolm Macleod, Janet Wisely, Iain Chalmers

Increasing value and reducing waste: addressing inaccessible research
An-Wen Chan, Fujian Song, Andrew Vickers, Tom Jeff erson, Kay Dickersin, Peter C Gøtzsche, Harlan M Krumholz, Davina Ghersi,H Bart van der Worp

Reducing waste from incomplete or unusable reports of biomedical research
Paul Glasziou, Douglas G Altman, Patrick Bossuyt, Isabelle Boutron, Mike Clarke, Steven Julious, Susan Michie, David Moher, Elizabeth Wager


Philippe EVEN - au Cherche Midi :

 La recherche biomédicale en danger

Les Leçons du Médiator - l'intégralité du rapport sur les médicaments
 Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux
 La vérité sur le cholestérol

Ben GOLDACRE
 BAD PHARMA
 Bad Science

Michel de LORGERIL
Cholestérol, mensonges et propagande
Son blog

Stéphane HOREL
Les médicamenteurs : un site, un livre, un documentaire

Mikkel Borch-Jacobsen, John Abramson, David Healy, Jeremy Greene, ...
BIG PHARMA, une industrie toute-puissante qui joue avec notre santé
http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-lindustrie-pharmaceutique-une-industrie-toute-puissante-et-notre-sante

jeudi 9 janvier 2014

Quels risques à arrêter une statine ? - Revue Médecine




La revue Médecine a sorti 4 articles à propos des statines. J'en propose ici une vue d'ensemble.

EDITORIAL de Jean-Pierre Vallée - Revue Médecine
L'édito rappelle que la rosuvastatine et l'atorvastatine "relativement récentes, largement promues, mais, contrairement à l’opinion générale, n’ayant pas démontré d’efficacité sur la mortalité totale. Ce sont deux hypocholestérolémiants, uniquement étudiés sur des critères intermédiaires"
Il rappelle aussi l'échec des fibrates et du torcetrapib (inhibiteur de la CETP), malgré leur efficacité sur les "chiffres" du cholestérol".
Il évoque la dernière recommandation (NHLBI / AHA) qui :
Ce numéro de Médecine a pour but : "de répondre à une urgence du moment : remettre à sa juste place – de propagande – un article stigmatisant publiquement la dangerosité de l’arrêt des statines, donc celle des prescripteurs qui, pour une raison ou une autre, seraient coupables de cet arrêt."


Note : cet éditorial fait référence a un article "pseudo-scientifique" émanant de cardiologues qui ont de forts liens d'intérêts avec l'industrie et qui ont réalisé une étude bancale, hasardeuse et approximative, qui a pour but de nuire à l'image du Professeur Philippe EVEN, ainsi qu'à son livre "La vérité sur le cholestérol".
En effet, ces leaders d'opinion sous-entendent qu'arrêter un traitement par statines serait dangereux et aurait conduit à des morts (grâce à des hypothèses et des statistiques trompeuses de leur article, peu crédible)


Quels risques à arrêter une statine ? Michel de Lorgeril
L'article de Michel est plus radical, vous vous en doutez, mais repose sur l'analyse de nombreux essais.
Il rappelle l'importance de l'année 2006, où la nouvelle réglementation a été mise en place.
Après avoir montré la faiblesse de l'article mis en avant par des cardiologues parisiens (article qui vise à culpabiliser toute personne ayant un esprit critique sur les statines, car il pourrait "tuer" des gens qui arrêteraient leur traitement...), l'auteur répond à la question statine par statine :
  • Inefficacité totale de la rosuvastatine (Crestor°) : études JUPITER, CORONA, GISSI, AURORA
  • Comparaison rosuva vs atorvastatine : SATURN, MIRACL => aucune efficacité de l'atorva (Tahor°)
  • Inefficacité de la simvastatine : IDEAL (simva vs atorva) => inefficacité de Zocor°, Lodales°, Inegy° ou de ses 27 génériques

Il conclue sur l'avis d'experts indépendants : " [...] chez les sujets à faible risque, les statines n’ont aucun intérêt", laissant de plus entendre clairement que l’arrêt du traitement ne pourrait avoir que des bénéfices."

L'arrêt des statines est-il dangereux - La rédaction de Médecine
L'article explique que l'article de Michel de Lorgeril n'a pas fait l'unanimité, mais que ces arguments sont suffisamment intéressants :
"Il nous a donc semblé que les arguments développés par Michel de Lorgeril pour « rendre leur liberté de prescription aux médecins, qu’il faut arrêter de terroriser avec de fausses alarmes », méritaient d’être entendus et discutés, [...] "
L'article rappelle ce que les articles du FORMINDEP disent :
- des enjeux complexes
- une influence intense de l'industrie, même envers les "guidelines"
- un coût annuel de 1 000 000 000 d'euros
- un mécanisme mal connu, qui va au de-là de la baisse du "cholestérol"
Les auteurs rappellent qu'un "petit groupe de cardiologues parisiens" (des KOL ou leader d'opinion) ont produit un "article alarmiste", comportant des "informations approximatives", issue d'une "extrapolation hasardeuse d'une unique méta-analyse de 2009", avec tous "de puissants liens d'intérêts".
L'article insiste sur la continuité entre prévention secondaire et prévention primaire : " La réduction relative de la mortalité y est constante, d’environ 10 % pour l’ensemble des essais inclus, effet peu influencé par la nature ou le contexte de ces essais."
" Le même raisonnement pourrait être tenu sur les critères cliniques « secondaires » que sont les infarctus du myocarde et les AVC, mais avec plus d’incertitudes [...]"
L'article souligne les conclusions d'une méta-analyse de 2010 :
" Les essais les plus anciens ont le plus faible niveau de preuve"
" la faiblesse du gain individuel en termes de probabilité de décès."

L'arrêt d'un traitement « inefficace » – parce que non justifié – est sans conséquence.
L’arrêt d’un traitement « efficace » : on ne sait pas (trop de paramètres…)
Conclusion de l'article :
" Plutôt que de se sentir contraints par les guidelines à prescrire des statines aux patients à faible risque cardio-vasculaire, les médecins leur rendraient un service autrement plus important en leur expliquant l’ampleur des avantages et des incertitudes sur les méfaits des statines et en discutant des données épidémiologiques qui montrent que les risques comportementaux – tabac, sédentarité, et nutrition inadaptée – sont responsables de 80 %des maladies cardio-vasculaires."

Statines : étonnante histoire d'un blockbuster - Jacques Beaulieu

La mévastatine (ML-236B), a été le premier membre de la classe des statines à voir le jour en 1976. Sa production fut stoppée peu après car le médicament administré à forte dose provoquait de sévères lésions musculaires.

En 1987 la lovastatine puis en 1989 la simvastatine (Zocor°)

En 1985, il réalisa la synthèse de l’atorvastatine, produit qu’on nomma le CI-981. Dilemme : lors des essais sur les animaux, le produit ne s’était pas montré supérieur à la lovastatine de Merck, déjà en marché.

La compagnie avait alors peu de projets dans son pipeline et il fallait arriver avec un nouveau médicament, la protection du brevet de leur médicament phare, le Lopid, un fibrate, arrivant à expiration. Par ailleurs, même s’il n’allait chercher que 10% du marché des statines avec l’atorvastatine (Tahor°), le potentiel demeurait encore des plus rentables.


NB : Or, le Tahor rapporta un jackpot absolu : plus de 120 milliards de dollars en 14 ans. Un médicament peu efficace et toxique n'a pu réussir qu'avec un marketing intense, mensonger et planétaire.


Conclusion générale : L'ensemble de ces 4 articles montre bien qu'il y a des enjeux économiques gigantesques (personne n'en doutait...) mais qu'il y a maintenant une volonté des "scientifiques" payés par l'industrie de nuire au débat d'idées, et d'étouffer toute controverse par de la propagande et du marketing mensonger. 

Ces quelques cardiologues parisiens sont nuisibles et ont "prostitué" leur savoir, dans leur propre intérêt, reniant le serment d'Hippocrate depuis longtemps. 

Les experts américains du cholestérol sont devenus fous !

 Analyse critique de l'atorvastatine (TAHOR°)  

Le scandale du CRESTOR° (rosuvastatine) 

 

 

 

mercredi 8 janvier 2014

Perdre du poids ou prendre un médicament ?

LOOK AHEAD est une étude finie en juillet 2013.
Cette étude a fait beaucoup parlé d'elle car les KOL* se sont frottés les mains en voyant que la perte de poids par l'activité physique et des changements de mode de vie ne semblent pas améliorer la santé cardiovasculaire et la mortalité des diabétiques obèses non sédentaires. Elle est sponsorisée par le NIH.
* KOL : Key Opinion Leader = leader d'opinion

"The use of antihypertensive medications, statins, and insulin was lower in the intervention group than in the control group"
(sous-entendu par les KOL : "vous voyez, le sport, c'est pas mieux que les médicaments...")
Mais on va voir que cette analyse des KOL est fausse et biaisée.

Voyons tout cela d'un peu plus près :
  • l'étude avait 2 bras : un bras I "intervention intensive" et un bras C "conseil"
  • patients : 5145 américains en surpoids et diabétiques (type 2) âgés de 45-76 ans (58,7) non sédentaires (test physique imposé)
  • critère principal composite : morbi-mortalité cardiovasculaire (et hospitalisations pour angines)
Le groupe I a perdu 6% de sa masse, à la fin.
Le groupe C a perdu 3,5% de sa masse, à la fin.

Le bras I a eu quand même quelques bénéfices :
  • baisse du risque de maladie rénale,
  • baisse des incontinences urinaires,
  • baisse des apnées du sommeil,
  • baisse des rétinopathies et des symptômes dépressifs,
  • baisse du poids et l'adiposité abdominale,
  • amélioration de la qualité de vie,
  • et baisse des hospitalisations et des coûts d'hospitalisations.
 
Le bras I a eu une baisse de tous les facteurs de risques CV et une meilleure HbA1c (hémoglobine glyquée).
Seul le LDL-cholestérol n'a pas été modifié (normal, vu le régime prescrit.. voir plus bas...).
http://www.diabetes.org/for-media/2013/sci-sessions-look-ahead.html

Ce que je voudrais souligner, c'est que le régime utilisé était encore un régime hypo-caloriques pauvre en graisses
(bien qu'on ait 80 ans d'échec de ce régime et bien qu'on sache maintenant que ça augmente les LDL de petite taille, les plus dangereuses et abaisse le HDL).

Donc voilà mon analyse :
tant que certains médecins (et nutritionnistes) vivront dans leurs dogmes périmés, ils continueront à appliquer les mauvais régimes aux malades, en suivant de mauvais critères (baisse du LDL-c...alors qu'on s'en fout royalement... voir mes autres articles)

Et les malades continueront à mourir, sans les bénéfices attendus d'un régime efficace (qui réduit drastiquement les glucides et qui apporte assez de graisses de bonne qualité).

Il faut sortir du dogme des LDL

Le mythe du BON cholestérol est tombé

Nouvelle vision de l'obésité : The Complete Skinny on Obesity



mercredi 1 mai 2013

Le scandale de l'ézétimibe : EZETROL° ou INEGY°

Parmi les anti-LDL, il y a des molécules inutiles et dangereuses. 
Intéressons nous au cas particulièrement scandaleux de l'ézétimibe (Ez).
Une autre molécule qui permet de démontrer que l'AMM des médicaments est obtenue sur des bases plus minces qu'un fil d'araignée.

Pour cette molécule récente, il y a  peu d'essais cliniques, alors on aura vite fait le tour du scandale.

Jetons déjà un œil à ce que propose la HAS (Haute Autorité de Santé).
Il existe une fiche qui indique la place de cette molécule : c'est  la fiche BUM  (Bon Usage des Médicaments).
Cette fiche nous indique que "l'ézétimibe est indiqué [...] lorsque les patients ne sont pas contrôlés  par une statine seule [...]".
Traduction : si une statine ne baisse pas assez votre LDL (assez selon quel critère ?), un médecin peut vous prescrire de l'Ez, pour abaisser votre cholestérol.
Cela se fait soit avec de l'Ez seul, soit avec une autre statine.

La HAS indique aussi dans un autre document, que l'Ez "n'a pas démontré d'effets en terme de morbi-mortalité".
Traduction : on n'a AUCUNE preuve que ça améliore votre santé, mais on vous le propose quand même.


Voyons maintenant sur quelles preuves se basent cette fiche BUM.
Pour cela, il faut consulter l'avis de la Commission de Transparence (avis CT 6429).

Date de l'AMM : 11 juin 2003
laboratoire : MERCK & DOHME-CHIBRET

Selon cet avis, ce médicament servirait dans 3 cas :
  • hyper-cholestérolémie non familiale ou familiale hétérozygote
  • hyper-cholestérolémie familiale homozygote
  • sitostérolémie homozygote (phytostérolémie)
Remarque : certaines personnes ont trop de cholestérol à cause de phytostérols et manger des margarines aux phytostérols ne va pas améliorer leur santé. Au contraire...

L'avis précise à nouveau que "des études démontrant l'efficacité d'Ez dans la prévention des complication de l'athérosclérose ne sont pas encore terminées" .
Traduction : "on aura peut-être des résultats un jour, mais pour le moment on n'a pas encore les résultats des études pour vous dire si c'est efficace ou pas".
(l'avis date de 2003 et on est 2013)

Mais, oh miracle !, en 2009 "le laboratoire MERCK a déposé 66 références bibliographiques (des articles parlant de son produit), dont 48 essais cliniques".


Etudes d'impact sur l'atteinte vasculaire (critère intermédiaire)

Là, l'avis nous précise que ces études là sont intéressantes mais explorent des critères intermédiaires (ou de substitution) qui ne renseignent pas directement sur la santé du patient.

 ENHANCE (2008)  : dans l'HF, étude négative (selon l'avis et selon les auteurs)
Rien que pour cet essai, il faudrait un article pour décrire le scandale qu'il a provoqué.
Car les résultats négatifs ne plaisaient pas au sponsor, qui ne voulait pas les publier.
L'essai, fini en 2006, n'a été publié qu'en 2008, sous pression du Congrès. 
( Voir Critical Lessons From the ENHANCE Trial de Philip Greenland )


 SANDS (2008)  : statine vs statine + ézétimibe (essai non concluant)


Etudes de morbi-mortalité (critère concernant la santé)

L'étude SEAS va consister à explorer l'effet d'un mélange (simvastatine 40mg + Ez10mg) chez des patients avec des sténoses aortiques.
(voir article  étude SEAS sur NEJM )
En fait, au début, il ne devait y avoir que de la simvastatine (40 à 80 mg), mais MERCK leur a ordonné de tester aussi l'ézétimibe 10 mg, pour son marketing.

Première remarque : avec cette étude, on ne connait pas l'effet de l'Ez tout seul.

Deuxième remarque : l'essai est négatif
(négatif pour le commerce, mais positif pour les patients, à qui on ne devrait pas proposer ce produit inefficace. Enfin, dans un monde normal, bien intentionné et sans médecins soumis au marketing. C'est à dire : pas NOTRE monde...)
Voir les résultats de l'essai SEAS sur  trialresultscenter.org

Soyons même un peu plus précis :

L'essai de MERCK avait choisi un critère primaire composite ULTRA-large et ultra-flou, qui aurait dû avantager les médicaments testés
(hospitalisations, CABG et PCI sont des critères flous, par exemple).
Le LDL est abaissé de 50%, par rapport au groupe placebo (voir page 1348).
Donc, selon le dogme du "cholestérol", cela aurait du se traduire par une variation ENORME en faveur des patients sous médicaments.
Une preuve de plus que ce dogme idiot et rétrograde nuit aux patients et à la science.
Quelle perte de temps... d'argent... de vies humaines...


La mortalité dans cet essai SEAS (2008) :

La mortalité totale est presque égale : il y a 5 morts de plus chez les patients sous médicaments.
Avec une tendance à la hausse et non pas à la baisse, comme d'autres essais.
Il n'y a donc AUCUN bénéfice sur la mortalité, critère le plus important.

Mais il y a pire : les CANCERS
On note une augmentation énorme du nombre de cancers chez les gens traités par statine + ézétimibe.
Cette augmentation significative est de + 67% de cancers
(avec un IC de [1,00 ; 2,79] et P=0,05 )
Donc entre 0% d'augmentation et 179% d'augmentation des cancers.

Donc, non seulement ce mélange de médicaments (INEGY°) ne sert à RIEN, mais en plus, il augmente votre risque d’avoir un cancer.

Et ce n'est pas tout : 
ce mélange peut aussi abaisser votre risque d'AVC de 75% ou l'augmenter de +179%

Les insuffisances cardiaques peuvent être diminués de 38% ou augmentées de +92%

On voit que ce mélange médicamenteux est toxique, inutile et qu'il joue à une étrange loterie avec votre santé.
Quel médecin, honnête et informé, voudrait prescrire ce mélange (simva + Ez) à son patient avec un haut risque cardiovasculaire ?
Pourtant ce mélange existe et est vendu (remboursé même) : c'est INEGY°.

L'avis de la CT, très cordial avec les vendeurs de médicaments, conclue :
" Dans l'attente des résultats des autres études, l’efficacité d'INEGY et EZETROL n'a, à ce jour, pas été démontrée sur un critère clinique de morbi-mortalité."
On ne peut pas être plus clair.

Alors pourquoi ce médicament (INEGY) est remboursé et AUTANT PRESCRIT, alors qu'il est cher, dangereux et INEFFICACE ?

En effet, si on consulte le site PUPPEM ( article sur les hypolipémiants ), on voit que ce médicament est dans le trio de tête des remboursements.
Après TAHOR et CRESTOR ( autre molécule scandaleuse ), on a INEGY.
Et en 4ème position, EZETROL (Ez tout seul) fait jeu égal avec la pravastatine et la simvastatine.

De plus, en 2013, nous en savons plus.
Car l'étude qu'attendait la HAS est sorti : c'est l'étude SHARP.

 Résultats de l'étude SHARP (2010)
Et ce n'est pas bien rassurant.
Cette étude teste le cocktail Simva 20mg + Ez 10mg.
Suspicions de fraudes : le critère principal a été changé en cours de route et le plan d'analyses statistiques n'est pas très clair.
Des patients sous statine ont été mis dans le groupe "placebo".
Dans le monde du marketing médical, le flou règne.
Cela permet des fraudes plus aisées, quand vous n'en dites pas trop sur le protocole.

Évidemment, le critère composite principal est positif, mais de peu.
Pourtant il intègre des revascularisations, qui n'est pas un événement mais une décision médicale, et qui permet de frauder tranquillement en gonflant le critère composite.
Au final, la valeur absolue est faible : 2,4%

Les AVC mortels ne sont pas modifiés significativement.
Les événements coronaires ne sont pas modifiés significativement.
les décès par infarctus sont identiques dans les deux groupes.
Les infarctus non mortels ne sont pas modifiés significativement.
Les maladies rénales ne sont pas améliorées.
Il y autant de cancers dans chaque groupe.

La mortalité totale est un peu augmentée, non significativement.
Il y a quand même 27 morts de plus, sous médicaments.
Quel succès ! Un médicament qui peut tuer un peu plus qu'un placebo.
Vous avez entre -5% et + 9% de risques de mourir.

Qui veut tenter cette loterie, chère, inutile et dangereuse ?


En conclusion, on voit que l'ezetimibe seul, ou le cocktail avec la simvastatine, n'a aucune preuve à apporter de son efficacité.
Pourtant, ce produit toxique et dangereux est autorisé et remboursé à 65%, par des autorités aveugles, corrompues ou incompétentes (au choix).
Et les médecins le prescrivent en grande quantité.


PS : on a aussi l'essai  ARBITER 6 HALTS, qui testa encore "statine + ezetimibe" contre "statine + niacine", en juin 2010.
L'essai n'est même pas en double AVEUGLE.
Ce n'est même pas justifiable...
L'essai fut stoppé avant la fin du protocole.
Encore un essai stoppé... Cela devient une règle commerciale, pour frauder.
L'ezetimibe est encore accompagné d'une statine, donc on ne connait pas l'effet seul.
Les auteurs déclarent que la niacine fait mieux que l'ezetimibe.


Sources :

Ezetimibe (Eztrol°) : un hypocholestérolémiant sans intérêt clinique démontré - Prescrire, juin 2004/ Tome 24 N°251 page 405

Ezetimibe : le profil d'effets indésirables se précise - Prescrire,  mai 2005/ Tome 26 N°261 page 350

Ezetimibe : absence d'intérêt progressivement confirmé par les autorités de santé - Prescrire mars 2010/ Tome 30 N°317 page 179

Ezetimibe : excès de cancer dans un essai comparatif - Prescrire mars 2010/ Tome 30 N°317 page 187

Ezetimibe, avec ou sans simvastatine : préférer les hypolipémiants mieux évalués  - Prescrire avril 2012/ Tome 32 N°342 page 266


mardi 30 avril 2013

Essai HPS : dissimulation des données

L'étude Heart Protection Study (HPS) est un bon exemple d'étude biaisée et trompeuse. Regardons de plus près ce qui ressemble à de la "science" et ce qui se rapproche plutôt du "marketing" dangereux.



Premièrement, quand on sait qui finance l'étude et qui la réalise, on peut déjà être méfiant.
Le sponsor est MERCK, connu pour ses multiples procès et son influence tentaculaire.
Merck c'est le VIOXX, soit 100000 victimes, plusieurs dizaine de milliers de morts.
Les investigateurs principaux sont une officine des labos, avec une apparence de respectabilité universitaire : c'est le fameux CTSU (voir mon article sur cette bande de leaders d'opinion payés par l'industrie).

On a donc tous les voyants au rouge, et toutes les raisons de ne pas être crédules en lisant leur étude.

MERCK est le fabricant de la simvastatine. Aussi, tous les essais majeurs sur ce produit commercial sont sponsorisés et contrôlés par MERCK, ce géant pharmaceutique.
C'est MERCK qui a produit le "miraculeux" essai 4S, dont les résultats impressionnants n'ont été égalé par aucun autre essai depuis, même les plus biaisés.
Cela montre que l'essai 4S est "exceptionnel", un cas unique, à part. Merci MERCK !

Ce que peu de monde sait, c'est que l'essai HPS n'était pas là que pour tester la simvastatine (et mieux la vendre).
C'était un essai complexe, qui testait aussi des antioxydants (vitamines E et C, bêta-carotène).
Il y avait en fait 2 hypothèses, ce qui est toujours plus dur pour conclure de manière scientifique, même lorsque l'on est honnête et rigoureux.
Il y avait donc 4 groupes de 5000 personnes environ :
  • simvastatine + antioxydants
  • simvastatine + placebo (statine seule)
  • placebo + antioxydants
  • placebo + placebo (placebo seul)
Il aurait été intéressant de connaître les résultats du groupe "statine seule" contre le groupe "placebo seul". Mais au pays du marketing et des dissimulations, nous n'y aurons pas accès.
HPS est un essai marketing de MERCK, destiné à augmenter les prescriptions de statine et à changer les recommandations internationales.
Pas à faire de la bonne science.

Les investigateurs le disent eux-mêmes dans ce qu'il publient : cette étude est une justification à la prescritipn de statines et a pour but d'apporter des éléments pour en prescrire à des populations sur lesquelles on n'avait pas encore assez d'éléments.
Bravo  les scientifiques ! En 2002, les statines sont diffusé massivement depuis plus de 10 ans, et un groupe de "génies" a l'idée de chercher si c'est efficace ou pas dans différents groupes.
On n'aurait pas du commencer par là ???

On voit bien que cela ne tient pas debout, ni éthiquement, ni scientifiquement.
Mais commercialement, alors là oui cela tient debout.
Et évidemment, toutes les agences sanitaires mondiales vont se faire avoir, comme toujours.
On aurait du mettre l'AFSSAPS en examen pour "naïveté dangereuse" ou "incompétence mortelle", depuis longtemps, et bien avant l'affaire du MEDIATOR.


 Après ces quelques considérations critiques, visant le contexte marketing et les conflits d'intérêts financiers, regardons maintenant la façon dont les résultats sont présentés.

Inclusion et première fraude
On voit que 63603 personnes ont été analysées et auraient pu participer à l'essai.
Seulemen 32145 vont accepter.
Il va alors se dérouler une phase, appelée "phase de triche légale, qui fraude les résultats mais dont personne ne parle".
On dit aussi en langage naïf : phase de pré-randomisation ou "run-in phase".

C'est une phase qui permet aux scientifiques payés par MERCK et contrôlés par MERCK de voir quels seront les meilleurs patients pour que l'essai soit un succès commercial.
Pour cela, il faut écarter les patients fragiles, qui ressemblent trop aux patients réels.
Et il faut garder des patients qui réagissent bien à la statine (LDL-lowering responsiveness) et qui n'ont pas trop d'effets secondaires (Compliants individuals who did not have a major vascular event or other serious problem during the run-in).
Cette phase élimine ainsi 36% des gens qui ont accepté de participer à l'essai.
Au final, on en garde 20536.

La population de cet essai a déjà eu des accidents coronaires ou un infarctus : 65%.
Le reste a eu des AVC, des maladies artérielles et/ou du diabète de type 2.
Notons que les investigateurs nous cachent les caractéristiques de la population, alors que c'est une information de base, demandée pour chaque essai publié.
On ne connait même pas l'âge moyen.
On ne sait pas si les groupes sont équivalents.
Bravo à  The Lancet, qui publie (une fois de plus) un essai mal fait et mal présenté.

HPS n'est donc pas un essai de prévention primaire, mais bien secondaire.


Les données sur la mortalité sont cachées
Autre point choquant dans cette mascarade de science" : les données sur la mortalité ne sont pas données.
Au lieu de comparer le groupe "statine" et le groupe "placbo", ils prennent l'ensemble et en font un gros paquet informe.
Comment The Lancet peut-il publier un tel torchon, sans avoir le couteau de MERCK sous la gorge ?

Résultats de HPS
On trouve donc 12,9% de morts dans le groupe "simvastatine 40mg" et 14,7% dans le groupe "placebo". Soit une réduction gigantesque et incroyable de 1,8% en 5 ans, sur 10 000 personnes.
Un quasi miracle non ?
Cela correspond à 57 personnes, qu'il faut traiter pendant 5 années, pour espérer en sauver une.
On appelle cela le NNT (Number Needed to Treat).

Un miracle certainement, car tous les autres essais faits à la même période ne montrent pas de réduction de la mortalité :   

MERCK est donc le seul à arriver à produire des résultats "miraculeux", ne correspondant pas aux autres études et dissimulés par des études floues et mal publiées. Bravo MERCK !

A noter aussi qu'ils sont capables d'appeler un résultat favorable "marginalement significatif", quand cela va dans le sens du marketing, alors qu'il est négatif (p=0,07, "death of other vascular causes").
Et quand un résultat négatif pour le marketing est proche d'être significatif (p=0,06), là il l'appelle "résultat négatif".
C'est vous dire le sérieux de ces gens...
En général, les résultats des essais cliniques sont décrits avec ce type de mauvaise foi, qui ne s’apparente plus à de la science mais à du boniment de marché, à du marketing trompeur.


Les femmes de HPS
Pour une fois, un essai a recruté un peu plus de femmes que d'habitude, et c'est un gros essai.
Il y a 33% de femmes, ce qui est mieux que 14% (CARE) ou 17% (LIPID) 18,5% (essai 4S) ou carrément 0% (WoSCoPS)

Cependant, les auteurs ne publient pas les données de mortalité pour les femmes.
Cela ne doit pas être une population assez nombreuse sur Terre.
On sait juste que les femmes vont bénéficier globalement (sans aucun détail entre les 4 sous-groupes) d'une amélioration de 3,3%, après 5 années, du nombre d'événements.
C'est la moitié des hommes (6%). Les statines réussissent moins bien aux femmes.
Une donnée bien floue, pour un essai qui veut démontrer que les statines profitent aux femmes mais sans oser nous dévoiler les vraies données en fonction du genre.
Une fois de plus, le marketing est loin de la réalité des chiffres.


Les personnes âgées
On sait que plus on vieillit, plus on est à risque.
Selon le dogme des vendeurs de statines, plus on est à risque et plus une statine vous apporte un bénéfice.
Regardons cela pour les personnes âgées :
  • moins de 65 ans : 16,9 - 22,1 = 5,2% de réduction
  • entre 65 et 70 ans : 20,9 - 27,2 = 6,3 %
  • plus de 70 ans : 23,6 - 28,7 = 5,1%
Contrairement au marketing, les personnes les plus âgées sont celles qui bénéficient le moins de la prise de la simvastatine.
Ce résultat correspond à la majorité des études épidémiologiques, où un bas cholestérol est synonyme de mortalité accrue chez les personnes âgées.